Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

LE 07 Mai 2019

Freelance style

Mécénat de compétences : le partage se fait aussi par le savoir-faire

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Mécénat de compétences : le partage se fait aussi par le savoir-faire
Mécénat de compétences : le partage se fait aussi par le savoir-faire

Loin de toute posture morale ou moralisante, l’idée de partage est avant tout un devoir citoyen. Un accomplissement de soi au travers du don, une esquisse de sens dans un monde qui peut parfois s’en éloigner. Aujourd’hui, beaucoup de professionnels (freelances inclus) donnent de leur temps pour venir en aide à ceux qui en ont besoin, mettent leurs talents et leurs expertises au service de la société et, quelque part, saupoudre du sens dans un quotidien souvent trop factuel. Quelles sont leurs motivations, et comment s’organisent ses bénévoles d’un genre nouveau ? C’est le décryptage XXE de la semaine !

 

Bénévolat de compétences : un concept win-win peu connu des Français

 

Elargissement du champ d’actions personnel, nouvelles expériences, immersion dans des univers différents du monde de l’entreprise… si le mécénat de compétences n’a que des avantages pour les bénévoles, il n’en reste pas moins méconnu des Français. Passerelles et Compétences, en partenariat avec la Fondation Bettencourt Schueller et le groupe d’assurances Malakoff Médéric, a mené une étude assez révélatrice sur la question auprès de 666 bénévoles et 636 associations : seuls 42% des sondés ont déjà entendu parler du bénévolat de compétences et 81% sont dans l’incapacité de définir le concept.

 

Pourtant, les associations bénéficient grandement de ce nouveau genre de mécénat : 91% des personnes interrogées ont remarqué une évolution positive de leur association, car elles ont pu tirer profit d’une expertise, d’un accompagnement ou de conseils de professionnels qu’elles n’auraient sans doute pas pu s’offrir en temps normal. L’impact réel des missions de bénévolat est effectivementressenti sur le moyen et long terme dans 78% des cas. Aussi, l’enrichissement est-il mutuel et les bénévoles en bénéficient grandement à leur tour, toujours selon l’étude. Dans les cas des jeunes étudiants ou des juniors qui en sont à leurs premiers balbutiements, ces actions impactent positivement leurs parcours et enrichissent leur CV. Au-delà de l’impact purement professionnel, les missions dites « pro bono » sont l’occasion pour de nombreux bénévoles d’appartenir à un groupe avec lequel ils partagent des valeurs communes, de s’inscrire dans une démarche collective de recherche d’intérêt général et donner du sens à leur quotidien. Le mécénat du savoir-faire… c’est oui !

 

L’accomplissement de soi… par le partage

 

Mais qu’est-ce qui pousse ces talents à mettre leurs compétences au service de la solidarité ? Question on ne peut plus légitime au vu de la charge de travail que le freelance doit abattre, parfois au détriment de quelques jours de vacances. Pour certains, c’est la volonté de partage, pour d’autres, c’est un accomplissement de soi et une recherche de sens qui se manifestent dans la solidarité et le don volontaire. Car si les impôts nourrissent l’ambition de tendre vers la justice sociale, ils ne se substituent pas à l’action caritative ou, dans ce cas, au mécénat de compétences.

 

Ce bénévolat est avant tout une bouffée d’air frais pour des associations qui tentent, bon an mal an, de venir en aide à ceux dans le besoin mais ne peuvent, par définition, s’offrir les services (souvent exorbitants) d’un expert. Les missions coûtent cher aux associations, et selon l’étude de Passerelles et Compétences, les associations ayant recours au bénévolat de compétences arrivent à économiser, en moyenne, 4 500 euros pour chaque bénévole travaillant 36 heures dans une structure. Venir donc en aide à ces organismes en apportant une expertise spécifique est une manière efficace de faire don, et les Français, quoique peu nombreux, sont de plus en plus enclins à apporter leur soutien aux actions caritatives.

 

En effet, 23% de la population de plus de 15 ans est bénévole (dans l’Hexagone), soit 18 millions de personnes. Pour ces bénévoles, c’est surtout une démarche d’épanouissement personnel qui leur donne sens et satisfaction. C’est aussi une volonté d’apporter sa pierre à l’édifice de l’intérêt général et surtout de militer pour un monde plus juste car c’est bien connu, les millenials sont utopistes et idéalistes… ils sont en tout cas moins blasés que d’autres. Et les retours d’expériences sont majoritairement positifs : 93% des bénévoles de compétences sont prêts à renouveler leur engagement pour de nouvelles missions, et 27% estiment qu’ils ont développé leurs compétences professionnelles en aidant des associations… la définition même du vrai win-win.

Intéressé ? Ces plateformes n’attendent que vous…

 

Faire don d’un ou plusieurs jours par semaine à une start-up sociale ou une association est le concept proposé par la plateforme de mécénat de compétences « vendredi ». Parce que la redistribution des richesses ne se limite pas au monétaire, des cadres dédient une partie de leur temps de travail à l’accompagnement de projets, la formation ou à des actions de mécénat, en mission courte ou longue. L’idée centrale du concept est la solidarité par le transfert de savoir, un redéploiement des richesses immatérielles qui peut, à terme, donner aux bénéficiaires les moyens de voler de leurs propres ailes. Et vendredi n’est pas seul sur ce terrain du bénévolat de compétences au service des communautés.

 

En fait, des concepts similaires poussent comme des champignons et rencontrent un succès flagrant, tordant le cou à l’idée d’individualisme-roi de nos sociétés, au passage. Car si le capitalisme est synonyme de l’initiative individuelle et de la recherche du self interestsupposément au détriment de toute autre considération, les poches de solidarité citoyenne ne se sont jamais aussi bien portées. C’est le cas notamment de la plateforme « Passerelles et Compétences », qui propose à des bénévoles de mettre leur expertise au service d’associations ou de porteurs de projets qui en ont besoin. Les bénévoles peuvent s’engager à leur gré, pour quelques heures, pour des ½ journées créatives ou des mois pour aider les associations à se développer ou à surmonter des difficultés qu’elles rencontrent occasionnellement. Ils peuvent aussi accompagner des porteurs de projets en prodiguant, par exemple, des conseils en communication ou en réalisation de reportages… Vous l’aurez compris, l’idée est d’aider quel que soit votre domaine d’expertise, pour peu qu’il y ait preneur… et il y en aura, forcément.

 

Benenova twiste un peu le concept, avec la vision d’une société dont les membres sont prêts à passer à l’action et changer le monde autour d’eux. Pour ce faire, la plateforme propose un calendrier d’actions sur terrain dans lequel vous pouvez choisir la mission qui vous intéresse, en fonction de votre disponibilité. Aujourd’hui, Benenova est partenaire d’associations, organise près de 300 actions solidaires collectives mensuellement et compte environ 10 000 bénévoles prêts à aider. Alors, partant ?

 

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