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LE 15 Nov 2017

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Rencontre avec Muriel Ancel : « Vis ma vie de Chief Freelance Officer ! »

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Rencontre avec Muriel Ancel : « Vis ma vie de Chief Freelance Officer ! »

Le CFO est un métier précieux pour ces nouvelles organisations. C’est un chef d’orchestre, entre recruteur et chef de projet. Muriel Ancel, tombée dans le chaudron du freelancing il y a quelques années, a décidé de se lancer dans le portage salarial, et peu à peu elle s’est mue en Chief Freelance Officer.

La voix est dynamique, enthousiaste, la parole passionnée. Alors que le métier de CFO (pour Chief Freelance Officer) prend son essor aux Etats-Unis, ils sont encore peu nombreux à orchestrer les pizza teams françaises. L’entreprise étendue a tout intérêt à miser sur la combinaison de talents, entre salariés et freelances avec chacun leurs facettes de compétences. Cela permet d’intégrer de l’expertise de haut niveau, des compétences recherchées, dans un projet donné, tout en conservant ses valeurs et sa culture d’entreprise.

Le CFO est un métier précieux pour ces nouvelles organisations. C’est un chef d’orchestre, entre recruteur et chef de projet. Muriel Ancel, tombée dans le chaudron du freelancing il y a quelques années, a décidé de se lancer dans le portage salarial, et peu à peu elle s’est mue en Chief Freelance Officer. Retour sur une rencontre passionnante.

 

On sent chez vous une solide culture du monde des freelances. Racontez-nous votre parcours !

Je suis diplômée en Langues Etrangères Appliquées. Je me destinais à une carrière dans le monde de la traduction. C’est là que j’ai intégré le monde des freelances : entre chefs de projets, chargés de clientèle et traducteurs, le milieu de la traduction s’appuie largement sur des expertises et compétences individuelles, et il faut savoir composer avec des équipes plurielles, qui changent et se recomposent au fil des différents projets.

Après quelques années, je me suis orientée vers le monde de la formation avec la encore le recours fréquent à des freelances. Puis directement vers le recrutement au sein d’une division du Groupe Figaro, qui s’appelle Figaro Classified, et qui comprend notamment des structures comme Cadremploi.fr. J’y ai vécu les belles années du recrutement, jusqu’à la crise de 2008, puis celle de 2012. Et à ce moment-là, sur cette activité, on a vu des mécaniques se mettre en place : baisse des recrutements, hausse des mobilités internes, puis baisse des embauches. Les entreprises n’avaient plus la visibilité ni les ressources financières pour recruter de façon classique.

Face à ces constats, j’ai décidé de changer de cap pour monter ma structure, dans le domaine du portage salarial. C’était il y a 4 ans. Depuis, tous les jours, je rencontre des freelances, depuis celui qui est rompu à cette façon de travailler, jusqu’à celui qui ne comprend pas encore très bien comment tout cela fonctionne, suite à un choix un peu contraint. Le monde des freelances est vraiment très varié. Par exemple, chez moi, le plus jeune a 27 ans, et le plus âgé en a 70.

 

Justement, côté profil, qui sont les freelances qui travaillent avec vous ? Voyez-vous une vraie correspondance avec les besoins des entreprises ?

C’est très variable ! Non seulement sur les personnalités, les métiers, mais aussi les objectifs : pour certains porteurs de projets cela peut être un tremplin avant la création d’entreprise, d’autres trouvent une forme de liberté dans le freelancing qui leur convient parfaitement. Pour des quadra ou des quinqua, cela peut être une façon de remettre le pied dans une activité, car après 45 ans, trouver un emploi via l’embauche classique se révèle très compliqué.

Du coup, mon message est invariablement le suivant : il faut accepter que le monde du travail, de l’entreprise change. Les regards sur les besoins en termes de compétences évoluent et ne se traduisent plus nécessairement sous forme de recrutement classique en CDD/CDI. Tous les jours, nous sommes interrogés sur des besoins ponctuels en compétences. Les entreprises sont en constante recherche de ces compétences souvent nouvelles ou rares. Il faut aujourd’hui se faire à l’idée de raisonner compétence et non plus job. Il faut avoir en tête la mixité entre salariat et travail indépendant. Demain, chacun devrait pouvoir avoir ce choix. Et c’est aussi en cela que le métier de Chief Freelance Officer a émergé et va prendre de l’importance : nous sommes aux premières loges de l’évolution du concept même de travail.

 

Justement, comment voyez-vous le CFO dans l’organisation de l’entreprise ?

Il faut le voir à la fois comme une fonction hybride entre « achats » de prestations – par la connaissance du marché, des notions de taux journaliers – et « ressources humaines ». Pour la constitution, la fidélisation de son vivier de freelances mais aussi une capacité à rester en veille.

L’humain est le cœur et la richesse de ce nouveau métier.

 

Le bon Chief Freelance Officer, du coup, qui est-il selon vous ?

Difficile de donner une bonne définition tant ce métier fait intervenir de notions. Je dirais pour commencer qu’il faut une solide culture de l’univers des freelances. Non seulement en termes de métiers, d’analyse des compétences à trouver pour une mission, mais aussi sur d’autres aspects essentiels, comme les différents statuts qui permettent de travailler à son compte : peu d’entreprises font aujourd’hui attention aux implications juridiques sur tel ou tel statut, et ne savent pas le risque qu’elles encourent face au risque de requalification par exemple.

Le Chief Freelance Officer doit savoir quelles obligations correspondent à quel statut et se porter garant des bonnes pratiques pour l’entreprise comme pour le freelance. Il faut également connaître les fonctions clés dans l’entreprise qui ont recours aux services de freelances et identifier les circuits internes. Les RH n’entrent pas dans le processus de sélection et de relation avec les indépendants, ce sont les responsables opérationnels qui sont leurs interlocuteurs, et il faut savoir communiquer, échanger avec eux.  Il faut aussi être capable d’estimer correctement les niveaux des taux journaliers proposés, plusieurs paramètres entrent en ligne de compte (le freelance et son parcours, la durée de la mission, le lieu, le degré d’urgence etc). Tout ceci avec  écoute et empathie.

Encore une fois, c’est un métier où l’humain tient une immense place. Il ne s’agit pas d’une simple correspondance mission/profil, mais plutôt de la mise en œuvre d’une véritable relation. Au-delà de l’identification des indépendants, l’autre difficulté repose sur la fidélisation sans non plus tomber dans le salariat déguisé. La définition du freelance est une ressource experte mais « volatile » : il faut donc très souvent jongler avec les disponibilités des uns et des autres à l’instant T. Parfois, cela peut se révéler super sportif.

Il faut se positionner sur la mise en œuvre d’une véritable alchimie entre l’entreprise et le travailleur indépendant. Tout cela rend le métier de Chief Freelance Officer formidablement riche et passionnant. Entre détection, conseil et animation, nous devons être capables de proposer plusieurs « recettes » différentes pour une même « pizza team » ou de trouver une compétence unique.

 

Comment voyez-vous, via le prisme de votre expérience, les grandes évolutions dans le monde du freelancing ?

Les mutations en cours, pour les entreprises comme pour les freelances, vont élargir le spectre en matière de métier et de façon de travailler. Cela m’oblige à être en veille permanente, à analyser mon quotidien au contact des freelances et des entreprises. Les unes recherchent des compétences pointues pour des missions ponctuelles. D’un autre côté, j’ai de plus en plus souvent face à moi des candidats à l’indépendance qui ne savent pas comment et à qui proposer leur service, ni ou se situer au niveau de leurs tarifs ou de leur présentation. Beaucoup de freelances se retrouvent assez démunis pour trouver des missions.

Répondre aux attentes de ces freelances pour les aider à trouver la mission qui leur convient est un axe de développement que je souhaite approfondir. Je crois beaucoup à cette démarche de recherche inversée. Leur servir en quelque sorte d’agent, est une prolongation toute naturelle de ce que je fais aujourd’hui. La formation me semble également un vecteur d’évolution. Devenir professionnellement autonome cela ne s’improvise pas, que ce soit en matière juridique, commerciale et marketing. Il faut aussi apprendre à travailler dans des environnements très différents et quitter une zone de confort. Tout cela mérite une réelle démarche de formation, pour que ces freelances ou futurs freelances puissent s’épanouir dans ce choix de vie professionnelle.

Nous sommes véritablement au tout début d’une nouvelle ère.

 

Vous parliez tout à l’heure de la nécessité d’instaurer une relation claire et fructueuse entre les entreprises et les freelances. XXE s’attache justement à cette question : provoquer l’entrée en relation dans les meilleures conditions. Qu’en pensez-vous ? Auriez-vous des suggestions, des conseils en la matière ?

XXE met beaucoup l’accent sur le contenu rédactionnel et sur l’environnement au sens large des freelances et je trouve que cela apporte une vraie valeur ajoutée et une envie de rester sur le site. On imagine souvent le freelance comme un geek de la génération Y car les métiers liés aux nouvelles technologies se prêtent naturellement à cette façon de travailler. Or, il serait dommage de négliger tous les autres quelque soit leur génération ou leur métier.

Personnellement (mais cela n’engage que moi), je trouve dérangeant de réduire un freelance à son TJM or on voit fleurir de nombreuses plateformes qui incitent à faire son « marché » de la sorte avec le risque à terme de tirer les prix et la valeur des compétences vers le bas. Il faut donc bien veiller à l’évolution de votre fourchette des prix sur XXE pour ne pas tomber dans ce piège.

 

 

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