Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

LE 23 Oct 2018

les experts métiers

Le chief freelance officer : vedette des métiers en CxO !

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Le chief freelance officer : vedette des métiers en CxO !
Le chief freelance officer : vedette des métiers en CxO !

Et si la ressource intellectuelle disponible à la demande n’était plus une chimère ? Et si la réponse à la guerre des talents était justement… le partage des talents ? Au défi de l’émancipation de toute une génération qui ne cache plus son aversion pour l’exclusivité professionnelle, l’entreprise étendue apporte une réponse pertinente, celle du chef d’orchestre des compétences externes. Dans la longue famille des métiers en CxO, j’appelle le chief freelance officer (CFO), une excroissance du responsable RH, cumulant le recrutement et la chefferie de projet pour doter son employeur des moyens de ses ambitions, au-delà des limites physiques de la boîte.

 

Le CFO : un simple prolongement de l’impératif de compétitivité

 

Promis, on ne vous parle pas d’un buzz-job ! Sur une perspective pragmatique, la démocratisation du chief freelance officer est inévitable, car elle répond à des desseins intrinsèques au concept même d’entreprise à but lucratif :

  • Optimiser ses ressources dans le temps : ne pas contractualiser indéfiniment pour un besoin ponctuel ;
  • Maîtriser sa masse salariale par l’externalisation ;
  • Elargir le spectre des compétences couvert par l’entreprise pour doper sa compétitivité ;
  • Gagner en agilité dans un macro-environnement qui multiplie les opportunités « furtives ».

Le chief freelance officer vient donc officialiser l’ouverture de l’entreprise sur « l’autre » marché du travail, agile et dynamique, avec ses propres règles du jeu. L’analogie peut paraître opportune, mais c’est une fausse bonne idée : le freelance n’est pas au CFO ce que le fournisseur est au directeur des achats. On va plus loin. On est ici dans la maîtrise des statuts juridiques des partenaires externes, dans la gestion d’une force de travail partiellement allouée à l’entreprise, puis dans la fidélisation, qui reste à bien des égards le véritable défi du CFO, au vu de la nature de la collaboration, par définition « flexible », qui lie les deux parties. C’est le prix à payer pour enrôler les « A-Players ».

 

A mi-chemin entre le commerce et le marketing RH

 

Le quotidien du CFO découle directement de cette réalité : on passe, progressivement, du marché du travail au marché des travailleurs. Sa mission est d’abord d’éviter le bad buzz, à la Uber. Par la suite, il s’attèlera aux missions suivantes.

Construire un écosystème de talents autour de l’entreprise, avec tout ce que cela implique en outils de communication, de suivi et de contrôle.

Booster la marque employeur de l’entreprise dans une communauté de freelances active, consciente de sa force et baignée dans une véritable subculture. Et il faut s’y prendre avec dextérité. Pour installer durablement l’entreprise dans le club très fermé des organisations freelance-friendly, des mesures de bon sens s’imposent :

  • Présenter les freelances aux équipes internes ;
  • Adopter une politique de rémunération adaptée : pas forcément plus élevée, mais avec des versements plus rapides par exemple ;
  • Envisager la mise à disposition d’un lieu de travail adapté si l’externalisation devient structurelle pour le volume d’affaires de l’entreprise ;
  • Communiquer sur l’ouverture de l’entreprise aux talents externes. Le ton, l’esprit et les supports de cette communication doivent correspondre aux personas des freelances que vous convoitez, naturellement.

Informer et sensibiliser les équipes internes aux opportunités du freelancing. Le recours aux indépendants peut être déclenché par deux types de stimuli :

  • Le dépassement du plafond de la charge de travail maximale pour les ressources internes. Les freelances viendront donc assumer des tâches identiques à celles des salariés. Cette configuration se retrouve le plus souvent dans les métiers peu différenciéscomme le SEO, la rédaction standard et le web marketing, pour des tâches opérationnelles ;
  • Un besoin ponctuel dans un champ d’expertise non couvert par le capital humain salarié de l’entreprise. Cette configuration se retrouve dans des besoins d’envergure tactique à stratégique. Le recours à l’externe se fera sous l’impulsion du top management.

Installer le cadre légal nécessaire à la fluidité de la collaboration avec les indépendants. Le CFO définit un modèle contractuel pour verrouiller l’administratif, avec un accent particulier sur le transfert de la propriété intellectuelle et les conséquences pécuniaires de tout retard de livraison.

Curieux ? Découvrez le quotidien de Muriel Ancel, chief freelance officer !

Pour aller plus loin

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