Audrey Liberge

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Lecture de 6 min

LE 27 Mar 2018

Freelance style

Interview du collectif l’Identiteur : D’étudiant-livreur à Fondateur d’une Web Agency !

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Interview du collectif l’Identiteur : D’étudiant-livreur à Fondateur d’une Web Agency !
Interview du collectif l’Identiteur : D’étudiant-livreur à Fondateur d’une Web Agency !

Nous parlons souvent des méfaits des plateformes d’uberisation en terme de droits bafoués et de salariat déguisés. Ces coursiers ou chauffeurs ont certes fait augmenté le nombre d’auto-entrepreneurs, mais ne sont pas vraiment indépendants pour autant, devant travailler dur pour peu de bénéfices. Et justement nous avons rencontré un ancien livreur à vélo qui aspirait à plus d’indépendance et a décidé de se lancer en freelance certes, mais collectivement !

Rencontre avec Théo Hervieu-Clémençon qui a choisi de se former au freelancing pendant ses études avec notre partenaire SOTØ et de créer son collectif de freelances, l’Identiteur.

 

Quel est votre parcours ? Pourquoi avoir choisi d’être indépendants plutôt que salariés ?

Nous sommes tous à la recherche de liberté de manière générale.

Nous nous offrons le luxe d’être flexibles, mobiles, et de n’accepter que du travail plaisant. On aime ce qu’on fait, et ça se ressent.

Comment se constitue votre collectif ? Quelles sont vos spécialités ?

Le concept de l’Identiteur, c’est de ne pas avoir une seule équipe fixe. Selon les projets, on sonde tout le collectif pour savoir qui est intéressée et disponible pour chaque mission.

Nous couvrons tous les domaines d’une agence de communication traditionnelle : Marketing, Communication, Graphisme, Développement, etc.

Le « recrutement* » a été très sélectif. Je voulais que chaque membre soit excellent dans son domaine, mais qu’il ait également un bon relationnel. Du coup, le profil type, c’est un jeune super sympa, super motivé, et super bon dans ce qu’il fait.

* Je n’aime pas ce mot car je ne me sens pas comme un chef de quoi que ce soit. Je tiens vraiment à l’horizontalité du collectif. On est indépendants, si quelqu’un veut partir ou faire une pause, c’est son choix. 

Pourquoi avoir choisi d’être en collectif ?

Parce qu’indépendant ne veut pas dire seul. Nous croyons fermement à la complémentarité des talents.

 

Vous travaillez chacun de chez soi, dans un espace de coworking ou tiers lieux ensemble ?

Nous travaillons à distance, mais la plupart des Identiteurs sont situés en Île-de-France.

Ça nous a permis de nous rencontrer, d’aller à des événements, et de travailler en présentiel quand nécessaire.

Quelle est votre opinion sur la relation entre freelances et entreprises à l’heure actuelle ? 

Nous croyons en l’efficacité des freelances « prestataires d’entreprises ». Une société qui ne fait travailler que ses internes, c’est une société qui ne se remet pas en question. Il y a toujours un talent extérieur à aller chercher.

On pourrait prendre l’exemple, sur un projet vidéo, de faire appel à un droniste freelance.

Comment vous imaginez le futur des freelances ? (ou des collectifs de freelance) ?

Le nombre d’indépendants va continuer à monter pour un moment. Même s’il y aura toujours des « salariés confirmés », de plus en plus de jeunes osent se lancer dans l’entrepreneuriat.

 

Chez XXE, nous aimons le concept d’entreprise étendue, une sorte de collectif hybride fait de salariés et de freelances qui pourraient partager des connaissances et innover sans limite. Qu’en pensez-vous ?

Même si ça n’est pas une forme « officielle », on constate que beaucoup d’indépendants travaillent régulièrement avec des boîtes. On voit de plus en plus de freelances travailler un ou plusieurs jours fixes dans la semaine avec des entreprises, dans leurs bureaux.

Le fait de créer une boîte hybride serait effectivement la suite logique en partant de ce constat !

 

Que pensez-vous des plateformes pour freelances ?

À vrai dire, nous comptons beaucoup dessus. C’est un gain de temps énorme sur la prospection.

Du moment qu’on n’est pas sur un système d’enchère inversée qui pousse à se dévaloriser et à se sous-pricer…

 

Théo, peux-tu nous résumer ton expérience de la formation SOTØ (formation pour freelances dont nous sommes partenaire) ?

SOTØ, c’est extraordinaire. On apprend tout ce qui tourne autour de freelancing, du marketing à la fiscalité, en passant par le storytelling…

La méthodologie est géniale, et la communauté meilleure encore.

 

Enfin, en tant qu’ancien coursier, que penses-tu de l’uberisation actuelle ? Un modèle qui va disparaitre, une révolution, une machine à créer des travailleurs indépendants uberisés… ?

Le monde des coursiers est impitoyable. 

D’un côté, certes, le vélo, c’est sympa, le fait de découvrir Paris (dans mon cas) en étant payé, on a connu pire ! 

D’un autre côté, on ne nous explique rien sur les mutuelles, sur les assurances, on n’a aucune protection. Un accident est vite arrivé (surtout quand on tourne 8h par jour autour de l’Arc de Triomphe…), et on ne sait à aucun moment comment se protéger !

On combine donc les mauvais côté du salariat (port de tenue, comptes à rendre, etc.) et les mauvais côtés de l’entrepreneuriat (aucune protection).

Personnellement, j’ai profité d’avoir le statut entrepreneur requis par les sociétés foodtech pour pouvoir commencer à travailler dans ce qui me plait vraiment (j’en parle ici).

Et on est de plus en plus à avoir cru à l’indépendance vendue par ces sociétés, et à très vite les quitter pour en rechercher une véritable.

Je pense que le modèle uberisé va durer. Mais à mon avis, le long terme pour les coursiers, ça n’existe pas.

 

Merci Théo et merci au collectif l’Identiteur pour ce retour d’expérience ! On leur souhaite que le meilleur 🙂

Audrey Liberge

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