Audrey Liberge

Audrey Liberge

Lecture de 6 min

LE 06 Fév 2018

Yellow angels corner

Pourquoi et comment avoir une seconde activité indépendante ?

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Pourquoi et comment avoir une seconde activité indépendante ?
Pourquoi et comment avoir une seconde activité indépendante ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la loi n’interdit pas, dans l’absolu, l’exercice d’une seconde activité indépendant par un salarié, quel que soit le type de contrat qui le lie à sa boite (CDI, CDD, intérim, etc.). Il y a toutefois une nuance : le type de contrat ne l’interdit pas, mais les clauses qu’il contient peuvent jouer des tours à celui qui aspire à embrasser une carrière de slasher ! Le cumul de deux activités, l’une salariée et l’autre indépendante, n’est pas un droit acquis dans la mesure où il peut nécessiter un effort de négociation avec l’employeur qui instaure une clause d’exclusivité, par exemple. Les données qui ressortent du terrain sont toutefois positives : en règle générale, le slashing « passe » comme une lettre à la poste lorsqu’il ne remet en cause ni le rendement du salarié, ni l’activité de l’employeur. A condition de ne pas travailler pour la concurrence. Mais pourquoi cumuler plusieurs activités, dans un contexte où le travail salarié devient toujours plus prenant (allongement du temps passé dans les transports en commun, porosité de la frontière entre vie professionnelle et vie privée, course à l’innovation) ?

Le slashing : ce catalyseur d’évolution professionnelle… et humaine !

#1 Ne pas mettre ses œufs dans le même panier

Minimiser l’impact des variables exogènes sur lesquelles il n’a pas la main. Mettre ses œufs dans plusieurs paniers pour ne pas risquer le hors-piste. Se donner les moyens de ses ambitions entrepreneuriales futures. Booster la pente de sa courbe d’apprentissage. Multiplier par deux la vitesse d’évolution de son expérience… Sans faire dans l’anti-salariat primaire, il est évident que le slashing collectionne les bons points. En diversifiant ses engagements professionnels, on craint moins un licenciement, on s’autorise une certaine prise de risque (et l’investissement rémunère le risque), on explore, on expérimente, on négocie. La double casquette autorise une certaine marge de manœuvre, souvent salvatrice.

#2 Préparer une échappée indépendante imminente

Deux boulots, deux « revenus », au moins. En jouant sur deux tableaux, le slasher repousse les fins de mois difficiles, améliore sa qualité de vie et peut de ce fait préparer dans de meilleures conditions une échappée indépendante imminente. Il faut toutefois noter que le slashing n’est pas (plus) un statut exclusivement intermédiaire qui débouche forcément sur une démission. Ils sont de plus en plus nombreux à en faire un projet de vie car à mesure que l’expertise prend forme, les prestations deviennent moins chronophages tout en générant plus de valeur ajoutée. Intervention par téléphone pendant la pause-déjeuner, conseil devant la machine à café, sous-traitance… avec l’expérience, on mûrit son potentiel et on souffle, même avec deux boulots.

#3 S’épanouir sans craindre des lendemains difficiles…

…et avoir le luxe de choisir des projets qui nous tiennent à cœur et qui correspondent à nos convictions et engagements personnels. Le travail indépendant devient alors une véritable source d’épanouissement et de satisfaction. Un genre d’escabeau vers le sommet de la fameuse pyramide de Maslow ! En développant son activité parallèlement à son travail en entreprise, on encaisse plus facilement les contretemps, qu’ils soient inhérents au salariat où au freelancing.

#4 Grandir… plus vite

Le travail indépendant ne se fait pas forcément au détriment de ses responsabilités en tant que salarié. S’il est vrai que l’expérience acquise en entreprise en matière d’organisation, de respect des délais de livraison, des normes de qualité, de savoir-vivre et de communication joue son rôle dans la réussite du virage indépendant, il n’en reste pas moins que le slashing forge la jeunesse et conditionne l’acquisition de nouvelles compétences comme le sens de l’adaptation, l’autonomie, la performance, la résistance au stress… des qualités qui peuvent aussi faire le bonheur de votre employeur et même maximiser les chances d’une évolution professionnelle. Le slashing serait-il finalement un cercle vertueux ? On se plaît à croire que oui !

La fiscalité, l’éthique, le conflit d’intérêt… ces points sensibles méritent votre attention

#1 Eviter le conflit d’intérêt

Au niveau juridique, le salarié a droit au cumul dès lors qu’il respecte son obligation de loyauté envers son employeur. Cela implique par exemple :

  • de ne pas travailler pour son compte sur les heures de travail salariées ;
  • ne pas utiliser le matériel de l’employeur pour accomplir des prestations « perso » ;
  • ne pas concurrencer l’activité de l’entreprise ;
  • ne pas divulguer des informations confidentielles sur votre boîte ;
  • et, plus globalement, éviter toute situation pouvant présenter un conflit d’intérêt.

#2 Maîtriser sa fiscalité pour éviter les mauvaises surprises

Les revenus qui se rapportent aux deux activités sont déclarés dans la catégorie propre à chacune : traitements et salaires, BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux) ou BNC (Bénéfices Non Commerciaux). La différence entre les trois situations porte sur le type d’activité qui génère les bénéfices, mais plus particulièrement sur la méthode de calcul du bénéfice imposable, étant donné que les calculs du chiffre d’affaires (CA), du bénéfice et des frais professionnels ne s’effectuent pas de la même manière. Lorsque les revenus non-salariés ne dépassent pas un certain seuil, il est possible d’être placé sous le régime de la microentreprise. On ne se risquera pas à vous donner les chiffres exacts, ils sont souvent volatiles. Des outils comme Freelance-Impôt peuvent vous aiguiller.

#3 Quid des obligations sociales ?

En cas de cumul, il va falloir cotiser aux deux régimes de sécurité sociale, salarié et non-salarié. Depuis le 19 juillet 2015, le droit aux prestations en nature maladie-maternité est ouvert auprès du régime dont l’intéressé relevait jusqu’à son affiliation au RSI (régime social des indépendants), soit le régime d’affiliation antérieur au cumul d’activité, sauf option contraire de l’assuré (article D 613-3 du code de la sécurité sociale). C’est le régime social de votre activité principale qui rembourse vos frais de santé ! Le régime de sécurité sociale de l’activité secondaire devient inactif même si vous êtes tenu d’y cotiser.

#4 L’éthique… une question de choix

Certains slashers jouent carte sur table et font preuve d’une certaine transparence sur leurs activités salariées et indépendantes. D’autres préfèrent la discrétion pour des raisons évidentes. Quoi qu’il en soit, il faut savoir que le cumul peut réduire votre réactivité vis-à-vis de vos clients « perso ». Ils pourront peut-être vous reprocher d’être injoignable pendant les heures de bureau, par exemple. A vous de vous positionner en fonction de votre contexte propre… Le mieux est de mener cette seconde activité en télétravail, pour bien tracer une frontière avec l’activité de bureau. Mais ne laissez pas le slashing envahir votre vie perso !

Pour approfondir vos connaissances

Parcourez nos billets sur l’expert indépendant !

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