Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

LE 09 Avr 2019

les experts métiers

Dév : entre spécialisation et polyvalence, le cœur balance

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Dév : entre spécialisation et polyvalence, le cœur balance
Dév : entre spécialisation et polyvalence, le cœur balance

Gros plan ou plan général. Au cinéma, ils sont d’égale importance. Les deux convoient un message différent mais sont néanmoins complémentaires. Vous voyez l’analogie. Alors, quand on est développeur, est-il plus judicieux de zoomer en gros plan ou, au contraire, prendre du recul pour avoir une vue d’ensemble ? Allez, une dernière analogie pour la route : avoir des notions en russe, mandarin et tchèque ou maîtriser la langue universelle (l’anglais, pour l’instant) ? C’est la question à laquelle nous allons tenter de répondre.

 

Full-stack : les « Goodfellas » du code

 

C’est Randy Schmidt qui fut le premier à populariser la notion de développeur full-stack. Une sorte de couteau suisse du dév : front end, back office, architecture, expérience utilisateur, intégration HTML… Un « Jack of all trades » si vous préférez, bon partout mais expert nulle part. Que vous soyez freelance ou pas, choisir la voie de la polyvalence peut s’avérer judicieux en début de carrière. Pour peu que vous acceptiez de travailler pour des start-up en phase de démarrage, qui ne peuvent pas s’offrir le luxe d’un service technique complet. Un développeur full-stack est une solution pratique, et, disons-le franchement, économique pour des boîtes qui n’ont pas encore les moyens de leurs ambitions. Un profil full-stack à ceci en plus qu’il maîtrise globalement l’environnement du code, qu’il est capable de travailler en front et back-end et peut donc gérer le projet dans son ensemble. Résultat ? Les développeurs polyvalents sont les « pikachus » du web. Très prisés sur le marché du travail, on les surnomme les licornes et il faut souvent les débaucher pour bénéficier de leurs services. Et pour cela il faut mettre le prix : selon une étude d’Urban Linker en 2017, un profil full-stack junior en France peut gagner entre 38 000 et 44 000 euros de salaire annuel… Ce qui est, vous l’aurez compris, largement au-dessus de la moyenne des salaires en début de carrière.

Attention, vouloir être bon dans plusieurs technos équivaut nécessairement à être moyen partout. Et c’est à ce niveau que les choses se compliquent pour les full-stack. A moins que l’on soit un virtuose du mélange des genres de l’acabit de Quentin Tarantino, on ne peut virtuellement pas rendre une scène de meurtre drôle. Dans le registre des développeurs, rares sont les full-stack qui maitrisent réellement tous les aspects du job. Bien sûr, on peut être bon en front et back-end, mais maîtriser des deux ? Pas si sûr… Pourquoi ? « apples and oranges » tout simplement. Les enjeux du front-end et du back-end sont trop différents pour cohabiter chez un seul développeur, à moins que l’on soit un schizophrène du code. Ajoutez à cela l’évolution rapide des Framework et des librairies : au bout de 3 ans, JavaScript, pour ne parler que de lui, devient complètement obsolète. Et les langages populaires changent constamment de classement, aujourd’hui c’est Python la star du show, alors qu’en 2015 il n’était qu’au quatrième rang des langages les plus utilisés, selon l’Institute of Electrical and Electronics Engineers, qui publie un classement annuel des meilleurs langages selon leur popularité.

 

Le bon, la brute et le spécialiste

 

Front-end ou back-end, il faut choisir son camp ! Comme l’a dit le plus célèbre des cowboys, nous avons nommé Georges Bush Jr, ou vous êtes avec nous, ou vous êtes contre nous ! Si le full stack est coincé entre deux chaises, le développeur spécialisé doit se contenter d’une. Mais il a l’avantage d’être bien assis. Comprenez qu’il est en terrain étroit, mais en terrain conquis. Il connaît les moindres recoins de son « deux pièces », qu’il peaufine soigneusement et dans le détail, là où le full-stack découvre qu’il a une 5esalle de bain dans le sous-sol, et que le mur de séparation de la cuisine n’est toujours pas repeint. Pas de surprise donc pour le développeur spécialisé, et pour son boss. Pour l’employeur, c’est la garantie d’avoir un expert, qui, dans le cas du front-end, va s’occuper exclusivement des interfaces utilisateurs. En back-end, du fonctionnement interne et de la sécurité.

Vous l’aurez compris, le développeur spécialisé choisit de maîtriser une techno en particulier, développe sous un seul langage dont il connaît les moindres subtilités. Et maîtriser est ici le maître-mot à retenir. Certains secteurs d’activité, comme la banque, privilégient ce type de profil, spécialistes de la sécurité des données des clients en back-end par exemple. Par ailleurs, un profil spécialisé est d’autant plus convoité qu’il suit les tendances et les évolutions de sa techno, son « bread and butter ».

De plus en plus de développeurs choisissent la voie de la spécialisation, et pour cause, le développement des applications devient plus complexe et fragmenté. D’ailleurs, le recrutement ne se fait désormais que lorsque l’architecture logicielle de l’application est définie. Ainsi, le développement logiciel moderne requiert une armée de Spartacus de développeurs pointus, spécialistes de leurs domaines (front-end, back-end, base de données…). La spécialisation va encore plus loin, notamment avec l’apparition de sous-métiers au sein même du front-end par exemple, où vous avez désormais des designers de l’interface utilisateurs en plus des développeurs qui vont s’occuper du code.

 

Full stack vs spécialiste : verdict

 

Pas facile de trancher. D’un côté, un « jack of all trades, master of none », de l’autre, un pointilleux, « master of one ». Difficile de faire un choix définitif. Par contre, les deux sont en forte demande : développeur est le job numéro 1 en 2018 aux Etats-Unis. C’est ce qui ressort de l’Us News & World Report, qui estime que la demande du marché pour les développeurs spécialisés et full-stack tend vers la hausse, grâce à l’avantage concurrentiel tiré du « software development ». Par ailleurs, le choix des compagnies d’opter pour l’un ou l’autre est conditionné par la taille du projet, sa complexité, le degré de flexibilité requis, la qualité attendue et le budget. Si un full-stack est synonyme de flexibilité et d’ouverture d’esprit, il est plus indiqué pour des projets de petite taille qu’il va gérer dans leur globalité. A contrario, le spécialiste est plus indiqué pour des projets complexes, qui demandent des connaissances pointues et une immersion complète.

Une chose est certaine, que vous optiez pour le full-stack ou la spécialisation, vous ne serez pas à court de courtisans. Du moins pour les quelques décennies à venir.

 

Pour aller plus loin

Freelance: to specialize or not to specialize, that is the question

Dév: le grand comparatif des rémunérations selon les technologies

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