Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

LE 31 Juil 2019

L'entreprise étendue

Les ESN recrutent-elles mal ?

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Les ESN recrutent-elles mal ?
Les ESN recrutent-elles mal ?

Tout le monde (ou presque) leur court après, les courtise, les chouchoute, les dorlote, leur fait les yeux doux, les caresse dans le sens du poil, les cajole, les choie… Ceci n’est pas un concours de synonyme, mais un jeu de « trouve ton développeur ». Si les ESN se les arrachent, c’est qu’ils sont rares comme des truffes : d’après la dernière étude People in Tech, 85% des entreprises interrogées disent qu’il est très difficile de recruter des profils technologiques aujourd’hui. Et dans leur quête du dév salvateur, les ESN se plantent souvent dans l’approche de cette denrée rare. XXE fait le topo des erreurs de recrutement des ESN. Par ici la compagnie.

 

Approche recrutement ESN : c’est quoi le problème au juste ?

 

A la base du défaut d’approche des ESN : confondre vitesse et précipitation. Classique. La pénurie des talents dans le numérique augmente la cadence de la course, naturellement. La route qui mène aux dév est parsemée d’embuches, voilà pour l’évidence du jour. La situation actuelle du marché amène certains recruteurs qui souhaitent court-circuiter la concurrence à se tourner vers des pratiques peu recommandables : lecture transversale de CV, mass mailing générique et sans saveur, fausses annonces, sourcing de CVthèques…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces pratiques ne trouvent pas écho auprès des dév (freelance ou pas), elles ont même tendance à les rebuter sérieusement. Pour leur défense, les ESN doivent gérer une pénurie de talents largement au-dessus de la moyenne des autres métiers : d’après StackOverFlow, seulement 4,6% des développeurs en France sont à la recherche d’un emploi ! Cela veut dire que plus de 95% d’entre eux sont déjà en poste ailleurs, donc pas chez vous.

Esprit Coubertin ou pas, quand on cherche des dév, on ne fait pas dans le fair play. Dans le paysage actuel de recrutement des ESN, le règne du plus rapide a supplanté le règne du plus fort. Explications : les ESN qui se contentent de poster des offres d’emplois en ligne sont les dindons de la farce. Ils arrivent toujours après. Forcément. Pourquoi ? Parce que les sourceurs de CVthèques sont beaucoup plus rapides. Avouez que payer des annonces pour avoir accès uniquement aux profils qui ont été boudés par les sourceurs est quelque peu… comment dirait-on… contre-productif ! Du coup, tout le monde s’y met. Résultat : les profils techniques se sentent harcelés ! Et ça, c’est un problème.

 

Les mauvaises pratiques des ESN

 

#1 La mass sollicitationpar le mass mailing

Un arrosage en bonne et due forme, à droite, à gauche, devant, derrière. Le mass mailingdoit faire dans la masse justement parce qu’il est trop générique pour être pertinent et qu’il a un taux de retour très faible. Donc, on décuple la tentative dans l’espoir que l’hameçon accroche une paire de chaussures (comme dans Tom et Jerry). Le problème de cette pratique (outre le fait qu’elle est très dommageable pour la réputation de l’ESN en question) est qu’elle ne donne pas aux développeurs le sentiment d’être sélectionnés pour leurs compétences. Pourtant, écrire un bon mail d’approche n’est pas complètement hors de portée. Il suffit de citer les éléments clés du CV dans le mail, identifier les technos qui intéressent le dév et faire référence à ses projets personnels. Pas plus compliqué !

 

#2 Les appels impromptus sans rdv

Les dév reçoivent tellement d’appels que ça pourrait s’apparenter à du harcèlement pur jus. Quand en plus les appels sont passés par des personnes qui ne connaissent rien au métier… on peut vite imaginer le calvaire pour traiter ce nombre d’appels non sollicités au quotidien pour les dév ! La parade, certaines ESN l’ont trouvée : le Short Message Service, SMS pour les nuls. Très apprécié des dév, le sms a tendance à générer de meilleurs retours car il permet de laisser un laps de temps pour réaliser des recherches sur l’entreprise. Tiens, le Réseau de Transport d’Electricité (l’un des sponsors de la dernière Battle Dev) a réussi à organiser 21 entretiens grâce à un simple SMS. Pratique.

 

#3 Lecture de CV éclair

Erreur commune aux recruteurs et pas qu’aux ESN. 52% des recruteurs ne passent pas plus de 30 secondes sur un CV, et seulement 22% d’entre eux le consultent plus de 60 secondes. Du coup, les sourceurs de CVthèques, dans leur course à la constitution de base de données « préventives », font généralement une recherche de mot clé sans vraiment faire le boulot et consulter les CV. Et ça ne passe pas auprès des dév qui reconnaissent tout de suite l’approche « spam » et éconduisent gentiment le recruteur.

 

#4 Le tir à l’aveugle

Recruter un profil technique, ça ne s’improvise pas. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les diplômes et autres titres ne veulent plus dire grand-chose. Le parcours d’un dév est principalement fait d’auto-formation, et une grande majorité d’entre eux se déclarent autodidactes. En filtrant les candidats par le diplôme, les ESN se tirent une balle dans le pied en écartant un grand nombre de dév auto-formés ou peu diplômés. Il faut donc parler au dév de ses résultats plutôt que de ses badges si on veut réellement avoir son attention. DigitalOcean dévoile dans son rapport 2018 que le 1erchallenge pour 39% des recruteurs est le nombre limité de dév avec des compétences techniques suffisantes. La question à se poser est comment juger de la compétence technique d’un dév sans réaliser un test technique ? C’est ce qui explique d’ailleurs la popularité des concours de développement, comme le Battle Dev, qui permettent aux recruteurs d’avoir une idée précise sur les compétences réelles d’un développeur.

 

Dév pour Diva ? (Ou sont-ils simplement sur-sollicités ?)

 

Diva, enfant gâté, rockstar… On taxe les dév de sobriquets peu flatteurs pour souligner leur prétendu caractère « hautain » et une certaine ingratitude vis-à-vis de leur statut de licorne sur le marché de l’emploi. Inversons le sujet. Ne sont-ils pas simplement sur-sollicités et sujets à toute la panoplie du textbook du « spam pour les nuls » ? Revenons à la base des lois économiques : c’est la rareté qui détermine la valeur. Les dév ne sont-ils pas en droit d’être exigeants et hyper sélectifs ? Sous prétexte de modestie pour pas cher, ils devraient accepter les sollicitations du premier venu sans broncher ?

La réponse est non. Naturellement, étant un groupement d’êtres humains, les dév peuvent avoir dans leurs rangs quelques rockstars assumées, imbues d’elles-mêmes et hautaines à souhait. Mais ce n’est pas une règle.

A la recherche de développeurs freelances ? Trouvez le bon profil sur XXE, vite, ça part vite !

 

Pour aller plus loin :

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