Alban Praquin

Alban Praquin

Lecture de 5 min

LE 29 Août 2018

L'entreprise étendue

A quoi va ressembler l’ESN du futur ?

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A quoi va ressembler l’ESN du futur ?
A quoi va ressembler l’ESN du futur ?

 

L’intensité concurrentielle bat son plein entre les ESN qui, si elles ont changé de nom, n’ont pas perdu leurs mauvaises habitudes. En déambulant sur la blogosphère des ex-salariés ESN reconvertis en indépendants, on est tombé sur « La SS2I m’a tuer », un billet qui grossit le trait pour caricaturer la vie d’un employé au cœur de cette structure. Ne généralisons pas le mal, ce serait aller vite en besogne. Toutefois, on ne prend certainement pas de gros risques en osant l’assertion suivante : les ESN ont encore une bonne marge de manœuvre pour améliorer le quotidien de leurs salariés. Comment ? En s’ouvrant davantage sur les nouvelles configurations de travail et en remettanla formation au cœur de leur activité. XXE imagine l’ESN du futur !

 

L’ESN aujourd’hui : tout ne va pas mal

 

Bien que les ESN soient souvent décriées, si bien qu’elles ont dû abandonner leur ancien nom de SSII pour améliorer leur image, évoluer dans une société de services de ce genre peut avoir plusieurs avantages, surtout en début de carrière. Premier bon point à rouler sa bosse dans ce type d’entreprise : un accès relativementrapide au management. En travaillant correctement, vous pourrez aspirer à occuper un poste de chef de projet ou de manager à 30 ans ou moins. Les ESN ont aussi pour elles la variété des missions, même si cela dépend surtout du périmètre géographique d’intervention. En région parisienne, vous pourrez toucher à tout. Et quand on passe en revue, parfois dans la même semaine, plusieurs secteurs d’activité, chacun avec ses spécificités et ses problématiques, on gagne en expérience et on acquiert des références solides qui boostent l’employabilité. Mais aussi on se fait rapidement une idée des secteurs dans lesquels on se sent plus ou moins à l’aise de travailler. C’est d’ailleurs ce qui explique le turn-over élevé dans ce type de structures (entre 15 et 20%). Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la case ESN peut faire partie d’un projet professionnel dont l’épilogue est l’aventure entrepreneuriale. En ESN, vous êtes au cœur des rouages de l’entreprise et, avec un minimum d’observation, vous « apprenez » ce qui marche et ce qui ne marche pas.

 

L’ESN du futur : décomplexée et étendue

 

Mais malgré ses quelques avantages, l’ESN est souvent encore vue comme un marchand de tapis du consultant, qui est mal considéré dans les équipes de leurs clients, mais qui ne se sent pas non plus épaulé par sa hiérarchie.

Dans l’ESN du futur, le consultant n’est pas un colis que l’on « livre » à son client (dans le jargon, on dit que vous êtes de la « matière grise »…). Le capital humain prend conscience de son rôle de plaque tournante et inverse le rapport de force, aidé par les changements sociétaux et la montée en puissance des nouveaux modes de collaboration. Les consultants sont (un peu plus) maîtres de leurs choix professionnels. Pas contents ? Insatisfaits de leurs conditions de travail ? Las de la morosité ambiante ? Ils sont désormais bien outillés pour avancer autrement que par la conduite assistée ! L’ESN du futur a conscience :

  • De l’intérêt du télétravail: il sera de plus en plus laborieux de refuser aux consultants de travailler un ou deux jours par semaine à la maison (ou ailleurs). Aujourd’hui, le blocage ne vient pas seulement des ESN, mais aussi de leurs clients qui, déjà réfractaires au télétravail pour leurs salariés, ne conçoivent pas qu’un fournisseur de type « consultant » ne soit pas dans les parages. Question de culture. Pourtant, les outils du travail collaboratif sont aujourd’hui au point. L’ESN du futur aborde le sujet de manière décomplexée et voit le télétravail comme un élément de fidélisation à défaut d’être un catalyseur de productivité (ce qu’il est selon de nombreuses études mais ça, c’est une autre histoire) ;
  • Du paramètre « trajet »: c’est un vaste sujet d’énervement pour celles et ceux qui doivent faire l’aller-retour bureau-maison aux heures de pointe, surtout dans les grandes agglos. Les consultants n’hésitent d’ailleurs plus à en parler dès l’entretien d’embauche en précisant leur « secteur de travail ». Finalement, le thème du télétravail n’est jamais très loin ;
  • De l’instantanéisation du besoin client: l’ESN est aussi concernée par ce phénomène de fond qui mène à la fragmentation des besoins et à la réduction du temps d’intervention chez le client. Le consultant peut très bien travailler à distance sur ses projets et ainsi passer plus de temps avec ses vrais collègues d’ESN. Le business model qui consiste à « collectionner » les consultants ne sera probablement plus (aussi) viable. L’ESN est elle aussi concernée par le concept d’entreprise étendue. On en parle ici ;
  • De l’importance vitale de la formation : Les ESN privilégient aujourd’hui les formations courtes (3 à 5 jours) et techniciennes, notamment pendant l’été, lorsque l’activité est moins soutenue. L’ESN espère avoir le consultant à l’usure, pour qu’il se forme en autodidacte sur son temps libre. « Il y a très peu d’achats de formation au titre de la veille technologique. Aujourd’hui, la formation correspond à une action ou un besoin concret et précis», explique Bruno Reboul, Directeur technique de iB Formation, filiale du groupe Cegos. L’ESN du futur est moins court-termiste et n’a pas peur d’investir dans la montée en compétences de ses salariés. Surtout dans les périodes d’inter-contrat, pour qu’elles ne soient pas perdues pour l’entreprise. Elle s’ouvre sur les indépendants qui accapareront progressivement les missions courtes et hyperspécialisées, propulsant (reléguant ?) les salariés à des missions plus stratégiques.
  • De la mise en place d’un véritable partenariat avec les indépendants : trop souvent vus comme des prestataires sur lesquels on pouvait se faire le plus de marge possible, les freelances ne portent pas dans le cœur les ESN, on en parlait déjà ici. Les ESN ont besoin de revoir leur approche et leur relation avec les freelances, qui détiennent les compétences techniques de demain. Un partenariat sur le long terme est à discuter avec chacun des freelances du réseau, pour négocier des termes gagnant-gagnant, mais aussi pour travailler sur une intération efficace.

 

Pour compléter vos connaissances

 

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