Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

LE 03 Oct 2019

Yellow angels corner

Et si le monde du travail n’évoluait plus ?

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Et si le monde du travail n’évoluait plus ?
Et si le monde du travail n’évoluait plus ?

En est-on au stade ultime de l’évolution du travail ? Est-ce le point culminant de la trajectoire darwinienne du world of labour ? Y-a-t-il un sens à l’histoire ? Ai-je pris mes cachets ce matin ? À l’intersection du salariat et de l’entrepreneuriat se dresse, imposant, le capital dans toute sa splendeur. Est-ce du déterminisme de concevoir le capital comme la force agissante du monde du travail ? Non, cela s’appelle (encore) du réalisme. Pour faire simple, tant que le capital est satisfait de l’état actuel des choses, le monde du travail n’évoluera plus. Ou bien évoluera-t-il, malgré tout ? Tentative de réponse.

 

L’utopie Marxiste n’aura pas lieu !

 

Et si, pour faire mieux, on devait faire moins ? Vous l’aurez remarqué, ce billet abonde en questions, ça fait introspectif et deep. Que reproche Marx (et ses disciples) exactement au capital ? Plein de choses. Il serait plus pratique d’énumérer ce qu’il ne lui reproche pas. Mais pour rassurer, si l’utopie Marxiste n’a pas eu lieu, c’est parce que le capitalisme n’est pas que géhenne et souffrance intolérable. Pour Karl Marx, le passage d’une économie fondée sur la propriété privée des moyens de production, le capitalisme donc, à une économie fondée sur le collectivisme est une nécessité pour établir une société sans classe. On vous dit que c’est une utopie ! À bas la bourgeoisie, le pouvoir aux prolétaires donc. Où en est-on ?

Faisons le parallèle avec notre sujet pour commencer. Il ne vous aura pas échappé que le projet social de Marx s’appuyait sur les pratiques économiques pour changer la société dans son essence. Depuis, Mc Do’, Amazon et compagnie se sont chargés d’évangéliser le monde sur les bienfaits du salaire minimum et des heures interminables de travail. Un salarié, ça bosse et ça ronge son frein. Pour vous situer sur la chaîne de valeurs du travailleur moyen, la grille de lecture Marxiste sur les classes est d’une étonnante actualité. Au bas de l’échelle, les prolétaires sous qualifiés, sous-payés et, selon les pays, sous-alimentés. Au milieu, la classe dite « moyenne » (en tout, revenus inclus). En haut, les détenteurs des moyens de production, qui font la pluie et le beau temps dans le monde du travail. Shine on you crazy diamond !

 

Le capitalisme vainqueur par K.O

 

La pub, emblème et porte-étendard du capital, est partout. Même Gorbatchev a fait une pub Pizza Hut dans les années 1990 ! Ça fait sourire aujourd’hui, le capitalisme a mis au boulot l’ancien président de l’URSS. Revenons à nos moutons. Vainqueur unanime, le capitalisme est seul, depuis la 1rerévolution industrielle, aux commandes du marché du travail.

Taylorisme + Fordisme = travail à la chaîne, pour commencer. Ce sont là les premiers chapitres du future of work. L’organisation du travail est segmentée, linéaire. C’est la première méthode d’optimisation de la force de travail connue de l’Homme. Les répercussions sur la santé et l’épanouissement des travailleurs ne figurent pas encore sur le manuel du bon patron d’industrie. Ford se contente de « bien payer ses salariés pour qu’ils puissent acheter les voitures qu’ils produisent », selon lui. Bien sûr, ils ne pourront pas. Et c’est là que s’engouffre le crédit comme substitution à la plus-value retenue par le capital à la source. C’est aussi l’occasion du développement de tout un autre pan de l’économie : le tertiaire. Les premiers cadres « bon chic bon genre » font leur apparition. Ils travaillent dans des bureaux, horaires administratifs et cravates obligatoires. Ils sont aussi mieux payés et plus qualifiés que leurs amis ouvriers. L’informatique est introduite dans l’espace de travail, Bill Gates fait fortune et Steve Jobs jure de le détrôner, secrètement. Le numérique est partout, la société évolue. Le QI général des travailleurs augmente, leur conscience aussi. Les entreprises ne peuvent plus tout se permettre et, soudain, le bien-être des travailleurs est un sujet sérieux.

Le capital tremble (pas vraiment), repense sa stratégie, refait peau neuve et arbore un sourire ravageur, pearl white. Le travail est conçu comme plaisir, par opposition au travail « gagne-pain ». Dans le même élan, les travailleurs manifestent des besoins « chelous » : quête de sens au travail, respect de l’environnement, équilibre vie privée, vie professionnelle… Bref, des trucs à faire retourner Mao dans sa tombe. Tout d’un coup, le salariat n’est plus la seule option de ceux qui ne possèdent pas les moyens de production. Hop, le freelancing sort du chapeau noir du capital, tel un lapin éblouit par les lumières de la scène. C’est l’ère de l’indépendance effective du travailleur, et de la garantie de flexibilité pour l’employeur. Tout le monde est content. Et le robot et l’IA arrivèrent… pour tout gâcher ?

 

De quoi le travail de demain sera-t-il fait ?

 

Avenir « Mad Max » ou « Ex-machina » ? Scénario catastrophe à la Terminator où les robots prennent le contrôle, à la Mad Max où la technologie a causé sa propre perte ou à l’Ex-machina, où on sous-estime la puissance cognitive de l’IA ? D’emblée, faire sans l’IA dans le travail de demain (et d’aujourd’hui) n’est tout bonnement plus pensable. Les gains et l’attrait sont bien trop grands pour être ignorés par le ? Le ? …  Ben voyons, le capital !

Pour comprendre la dynamique de changement du marché du travail, il convient de se poser une question centrale : à qui et en quoi profite le changement ? C’est donc naturellement que l’introduction progressive des nouvelles technologies, plus économes et plus efficaces, sera le principal changement du monde du travail à venir. En vrac, les chiffres qui donnent le frisson pour commencer :

 

  1. 85% des emplois en 2030 n’existent pas encore aujourd’hui ;
  2. Alors que la délocalisation permet d’économiser jusqu’à 65% sur le coût du travail, la robotisation peut réduire ce coût de 90% ;
  3. Une machine va détecter un cancer à 98% alors qu’un cancérologue va se situer aux alentours de 50% ;
  4. Entre 2005 et 2015 aux Etats-Unis, 94% des créations nettes d’emplois l’ont été sous une forme dite « alternative » (freelance, crowdsourcing…).

 

Que racontent ces chiffres ? Eh bien que le travail sera plus automatisé, beaucoup plus automatisé et que le passage à l’intelligence artificielle cognitive va profondément modifier notre notion du travail. Le freelancing sera la forme la plus populaire du travail : selon le Bureau Américain du Travail, les travailleurs seront plus nomades et les étudiants actuels seront passés par 8 à 10 emplois lorsqu’ils auront 38 ans. Une étude de Dell ajoute que bon nombre de personnes seront freelances, cumulant différentes missions auprès d’employeurs multiples. Nomades, réjouissez-vous ! Revolution@work et Ipsos révèlent que la grande majorité des salariés européens estiment que l’on travaillera différemment dans 10 ans et, pour 65% des Français, exercer plusieurs activités en même temps deviendra la norme. Marx avait définitivement tort en fait.

A la recherche de freelances ? Trouvez le bon profil sur XXE , tant qu’ils sont encore disponibles !

 

Pour aller plus loin :

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