Elodie Djegadisvarane

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LE 04 Déc 2018

Freelance style

Peut-on exercer toute son activité en remote ?

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Peut-on exercer toute son activité en remote ?
Peut-on exercer toute son activité en remote ?

Humana, Dell, Glassdoor, Aetna, Allegis Transcription, Kaplan, Amazon, GitHub, Apple, American Express, Entreprise Holdings, Sitel… les aficionados du télétravail ont des noms qui claquent ! Pour ces champions du remote, le mot « travail » ne désigne plus un « lieu » mais bien une « activité ». Si les NTIC ont signé le glas de l’âge d’or du bureau, le cloud lui a porté le coup de grâce. Au-delà de toutes les données macroéconomiques (15% des salariés français pratiquent le télétravail occasionnel et 42% des cadres en font de manière informelle), un indicateur ne trompe pas sur la percée du remote dans l’entreprise : le télétravail s’est mué en piliers de la marque employeur, en argument phare de recrutement pour attirer les talents en ces temps de pénurie. Maintenant, et comme nous ne sommes pas tous égaux devant la nature, tous les métiers ne se prêtent pas entièrementau remote… Les métiers freelançables sont toutefois à l’avant-garde du travail hors bureau !

 

Tous les indépendants, et de plus en plus de salariés

 

Comme le mouvement pro-choice qui défend l’idée politique et éthique pour les femmes de contrôler leur fertilité en toute liberté, le mouvement anti métro-boulot-dodo est en marche du côté des talents IT qui, conscients du déséquilibre (en leur faveur) entre l’offre et la demande en ressources humaines qualifiées, entendent bien tirer leur épingle du jeu en challengeant les constantes supposées immuables de l’entreprise : la dimension géographique avec le présentéisme et le lien intemporel avec le CDI. On passe désormais à un verbatim new-âge : collaboration asynchrone, expertise ponctuelle et horizontalisation de la relation, qui passe de patron-salarié à client-fournisseur. Maintenant, le télétravail n’est forcément pas incompatible avec le salariat, dans la mesure où il reste un continuum plutôt qu’une réalité binaire en 0 et 1 : il peut concerner une demi-journée dans la semaine, un mois par an ou s’imposer à temps plein. Le remote concerne donc à prioritous les indépendants (si l’on choisit de négliger les déplacements ponctuels sur le lieu de travail du client ou la prospection in situ) et certains salariés. C’est d’ailleurs cette forme diffuse du télétravail qui complique sa définition et l’évaluation de sa mesure. Sont généralement exclus des enquêtes de terrain : le travail supplémentaire effectué à la maison, les activités annexes des slashers, le télétravail officieux, etc. En revanche, l’aspiration des Français pour le télétravail est une certitude. C’est en tout cas ce qui ressort d’une infographie réalisée par Orange intitulée « Le travail sort des murs de l’entreprise » et qui démontre que :

  • 93% des jeunes actifs ne souhaitent plus travailler dans un bureau « classique » ;
  • 65% des Français souhaitent pouvoiractiver le levier du télétravail pour donner un coup de boost à leur qualité de vie en cas de coup de blues.

 

Le remote et le non-verbal de la transmission du savoir

 

Tout est-il remotable ? Non, mais une belle partie des missions des métiers compatibles avec le travail indépendant est effectivement réalisable à distance… pour peu que l’on soit outillé : une bonne connexion internet, un client de messagerie instantanée sur PC et peut-être sur téléphone (Skype), un cloud pour les uploads (Google Drive), un outil de collaboration en temps réel (Asana, Basecamp, Wunderlist) et une disponibilité à toute épreuve pour rassurer les employeurs/clients. Cette boîte à outils fera largement l’affaire pour un créateur de contenu, un webmarketer, un développeur, un graphiste, un SEO, ou même un consultant qui peut distiller ses conseils via visioconférence, partage d’écran, etc. Et lorsque l’on sait que les opérations bancaires, les déclarations fiscales et la prospection sont largement dématérialisées, on comprend aisément que la distance n’est plus un critère décisif pour les métiers de la tech. Mieux : aucune étude sérieuse ne s’est penchée sur le sujet, mais il y a fort à parier que les boîtes françaises qui ont recours à des freelances en offshore n’ont jamais rencontré (physiquement) leurs prestataires. En effet, on voit mal comment elles paieraient un billet d’avion depuis des contrées parfois exotiques alors même que le dessein de leur démarche est de réaliser des économies substantielles.

Maintenant, le consultant qui construit son business model sur la transmission de son savoir va forcémentdevoir faire quelques déplacements. La formation appelle le contact physique, la communication non-verbale, le charisme, l’empathie, l’interaction sans parasites…  En définitive, les travailleurs de la « classe créative », comme l’écrivent Jason Fried et David Heinemeir Hansson dans « Remote », peuvent oser la carte du travail à distance sans passer pour des fantaisistes. « Le bureau pendant la journée est le dernier lieu où les gens peuvent vraiment abattre du travail (…) car le bureau est devenu une usine à fabriquer des interruptions », peut-on lire sur le best-seller. Et ce n’est pas Yellow Angels qui contredira cette assertion !

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