Bruno Gelsomino

Bruno Gelsomino

Lecture de 5 min

LE 10 Nov 2017

Freelance style

Expert ou Junior : comment définir son niveau d’expertise ?

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Expert ou Junior : comment définir son niveau d’expertise ?
Expert ou Junior : comment définir son niveau d’expertise ?

Le niveau d’expertise reste difficile à jauger, surtout après deux ou trois ans d’expérience, car on n’est plus junior mais pas encore complètement expert ou senior. Quelques clés pour arriver à se situer !

En tant que débutant ou après quelques années d’expérience, on se pose souvent à juste titre la question de son expérience. Combien d’années avant de pouvoir se proclamer expert ou senior ? Si j’utilise le terme junior en début de carrière, est-ce que je vais quand même réussir à décrocher des missions ? Est-ce que je peux être crédible en me proclamant expert après seulement deux ans d’expérience ? Attention terrain glissant qui va faire mal aux chevilles de certains.

Comment faire en sorte d’être juste en définissant son niveau d’expertise, pour que les entreprises puissent retenir votre profil en fonction du niveau qu’elles recherchent ? Si cet article s’adresse en priorité aux experts indépendants, il pourra aussi inspirer des recruteurs pour bien définir le niveau objectif qu’ils recherchent chez leur futur collaborateur freelance.

 

Junior/senior : un critère valable ?

« Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années » disait déjà le Cid de Corneille au 17ème siècle. Dans l’univers du freelancing, cet adage est plus que vivant quatre siècles plus tard !

 

On a souvent tendance à songer au nombre d’années d’expérience quand on évoque un recrutement. Mais à l’heure actuelle, il ne faut plus s’arrêter à ça. Il faut impérativement, dans ce monde du travail qui évolue, quitter les lunettes des recruteurs 1.0 pour évaluer l’expertise avec pragmatisme. On a vu des gens faire le même métier pendant des années sans génie particulier, tandis que des débutants inspirés pourront atteindre des résultats incroyables en peu de temps.

Rappelons-nous de ce jeune anglais de 22 ans venu à bout du Ransomware Wannacry en mai dernier. Car la passion, moteur important pour nombre de travailleurs indépendants dans le numérique, amène à des niveaux d’expertise très élevés, et c’est cela qui devrait considérablement changer la façon dont les recruteurs sélectionnent les candidats. Fini le seul critère du diplôme : avec le digital, beaucoup de métiers nécessitent surtout de l’expérience. Le secteur de l’enseignement et de la formation n’a pas toujours le temps de s’adapter pour proposer le diplôme ad hoc. Dans un pays comme la France qui a très longtemps fonctionné avec ce repère du diplôme en forme de label pour la compétence, ce changement est une révolution. Certains profils se forment en autodidactes, et accumulent les expériences parfois très rapidement. C’est le cas par exemple de métiers comme les graphistes, les développeurs, les hackers éthiques et même certains webdesigners.

Attention néanmoins à l’expertise auto-proclamée qui est parfois suspecte. Une personne qui se dit experte dans son métier en sortant de formation n’a visiblement pas bien appris sa leçon. Ou à la demande d’un client, un freelance peut mentir et dire qu’il maitrise le webmarketing alors qu’il est seulement expert en community management. La suite de la collaboration s’annonce périlleuse. A contrario, certaines personnes talentueuses ont peu d’estime ou de confiance en soi et n’arriveront pas à bien « vendre » leurs expertises et à se dire expert. Bien souvent, ils seront les derniers à se mettre en avant, même après avoir résolu le meilleur bug informatique ou créer une campagne de génie. Pour les recruteurs, il faut savoir percevoir les talents entre les personnes expérimentées, les beaux-parleurs qui ne sont pas encore à niveau et les perles rares bourrées de talents mais qui n’en ont pas conscience.

Il faut donc prendre garde à l’attribution des cases junior / senior qui restent très subjectives, surtout dans les milieux freelancing ou l’échelle des niveaux d’expérience n’existe pas.

 

Comment déterminer sa séniorité ?

Avant toute chose, il faut penser : expérience, et aussi résultats obtenus. En tant que freelance, valorisez vos réalisations, les projets sur lesquels vous avez travaillé, et en quoi cette réalisation fût un succès. Cela peut-être un lancement de nouvelle offre que vous avez géré, une stratégie digitale que vous avez conçue et qui a prouvé sa pertinence, la conception d’une application mobile à succès, un nombre de leads augmenté via un dispositif digital ou même un article très lu et commenté, une communauté web plus engagée.

L’idée est de faire comprendre très vite au recruteur que non seulement vous travaillez pour des entreprises comparables à la sienne (secteur, marché, taille, clientèle) mais aussi que vous avez fait vos preuves sur des missions équivalentes. Pour affirmer votre niveau, n’hésitez pas à détailler sur votre présentation ou profil tout ce qui peut immédiatement faire « tilt » !

Les recommandations de vos clients sont un atout majeur dans cette démarche. Si vous avez des certifications, diplômes ou formations très recherchés sur un métier donné, comme la maîtrise d’un langage informatique spécifique pour certains développeurs, ou une certification par un éditeur, indiquez-le. Le senior, dans l’univers des freelances, n’est pas toujours celui qu’on croit !

Enfin quand vous devez déterminer votre niveau sur une plateforme telle que XXE, vous avez le choix entre junior ou intermédiaire, confirmé ou expert selon vos expertises. Pensez que vous ne pouvez pas être expert en tout. Vous pouvez maitriser quelques compétences et connaître certains sujets plus ou moins en profondeur. Choisissez intelligemment et avec objectivité ces niveaux car ils seront garants de vos futures missions. Par exemple en tant que développeur, ne mentez pas sur vos compétences et indiquez que vous êtes un as de Javascript, mais encore intermédiaire en Angular (ou autre). Le détail de vos expériences viendra confirmer ces niveaux. Et votre client ne sera pas déçu si vous n’excellez pas tout de suite sur un projet Angular.

 

Le niveau d’expertise reste difficile à jauger, surtout après deux ou trois ans d’expérience, car on n’est plus junior mais pas encore complètement expert ou senior. N’hésitez pas à en discuter avec vos collègues freelances ou avec vos anciens clients qui seront les premiers garants de votre niveau d’expertise et sauront vous conseiller pour mieux vous vendre au juste prix et niveau sur le marché.

Bruno Gelsomino

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