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LE 13 Oct 2017

L'entreprise étendue

Intrapreneuriat : comment favoriser l’innovation en interne ?

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Intrapreneuriat : comment favoriser l’innovation en interne ?

Plus qu’un simple argument médiatico-marketing, l’intrapreneuriat s’impose comme un puissant catalyseur d’innovation dans un contexte ultra-concurrentiel.

Tendance, « IN », en phase avec l’esprit startup… le mot « intrapreneuriat » fait partie de ces concepts « mondains » que l’on se plait à distiller stratégiquement à l’occasion d’un diner d’affaires ou d’un brainstorming. S’il est aujourd’hui sur toutes les lèvres des jeunes actifs branchés, l’intrapreneuriat s’est progressivement vidé de son sens pour étoffer davantage le lexique de la fameuse langue de bois corporate. Un rôle ingrat qu’il assure d’ailleurs beaucoup plus en Europe que dans ses contrées natales, outre-Atlantique. Il y a encore deux ans, Google proposait aux internautes des résultats pour « entrepreneuriat en réponse à la requête « intrapreneuriat ». Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Fermons cette parenthèse socioculturelle et intéressons-nous à l’essence de la chose : qu’est-ce que l’intrapreneuriat (si possible, sans langue de bois ou autres envolées lyriques grandiloquentes) ? Pourquoi (et surtout comment) le favoriser au sein de votre entreprise ? C’est parti !

 

Une boîte dans la boîte… sans quitter sa boîte !

 

On vous épargne les tergiversations. Prenons le risque de simplifier à l’excès : l’intrapreneur est le porteur d’un projet d’affaires innovant déployé à l’intérieur de l’entreprise qui l’emploie. Le préfixe « intra » concentre LA divergence entre l’intrapreneuriat et l’entrepreneuriat qui réside dans le degré d’autonomie, les risques encourus et les bénéfices attendus. En somme, c’est une boite dans la boite… sans quitter sa boite ! Motivé, créateur et surtout vindicatif, l’intrapreneur se mouille par définition. Il fait coïncider ses enjeux personnels avec ceux de l’entreprise. Managers, n’est-ce pas là votre ultime dessein ? L’intérêt ici est de contourner les rigidités organisationnelles pour transformer les « exécutants » en de véritables pourvoyeurs d’idées. Chaque intrapreneur enrôlé est une chance supplémentaire de toucher le graal de la belle innovation, celle de Schumpeter et de Freeman. Pour les intrapreneurship-skeptics, l’intrapreneur est « un entrepreneur en puissance qui n’ose pas se lancer hors de sa zone de confort de salarié ». Pour les intrapreneurship-enthusiasts, « tout projet créé par un salarié ou ex-salarié en dehors de l’entreprise est une perte pour la firme ». Choisissez votre camp !

 

L’intrapreneuriat : un vulgaire concours d’idées ?

 

Intrapreneuriat et RSE, même combat ? Bien des entreprises ont déployé des moyens pour en faire, mais dans l’unique but de pouvoir dire : « On le fait » ! Quelques grands groupes français dont on taira le nom se sont d’ailleurs spécialisés dans les tentatives intrapreneuriales à visée exclusivement médiatico-marketing. Au menu : des consultants en « inter-contrats » ou des employés sans casquette que l’on plonge tête la première dans la quête effrénée de l’innovation. Ce que l’on appelle ici « innovation » est en réalité « non sens ». Sans l’étincelle du créateur, sans la friction du quotidien opérationnel et l’envie de répondre à une problématique issue de son propre vécu, les supposés intrapreneurs deviennent des machines à produire du prototype sur commande. L’intrapreneuriat ne se résume pas à un simple concours d’idées. L’acculturation est un bon début. Malheureusement, l’écrasante majorité des entreprises qui s’y essaient y voient une fin en soi. Du côté des ETI qui abritent des profils réceptifs à la prise d’initiative, le mur du management tout-puissant devient très vite infranchissable. Le scénario type est le suivant : conscient d’une problématique qu’il rencontre au quotidien, un collaborateur propose une maquette sans autorisation à son manager qui salue l’effort avant de jeter l’idée dans la machine à projets, au mieux. Un gâchis, en somme.

 

La checklist d’un intrapreneuriat gagnant-gagnant

 

  • L’intrapreneuriat ne peut être imposé, par définition. On l’encourage, on le favorise, on le cultive. C’est un état d’esprit avant d’être un levier de performance ;

 

  • Donner aux intrapreneurs les moyens de leurs ambitions : un espace de travail (la salle de réunion peut faire l’affaire) et quelques heures par semaine/mois de dispo (sur le modèle du fameux « 80-20 » de Google) ; mais aussi la sanctuarisation de ressources budgétaires mises à disposition de façon progressive tout au long du projet de l’idéation au passage à l’échelle (si le projet est déployé). La bonne allocation des moyens est suivie lors d’une instance de gouvernance dédiée qui suit l’ensemble des projets incubés.

 

  • Evitez la « réappropriation ». Ne dérobez pas les bonnes idées des mains de leurs instigateurs pour confier aux cadres le soin de leur donner vie. Préférez plutôt la création d’une petite équipe centrée autour de l’auteur à l’image des pizzas teams, et n’hésitez pas à recruter des freelances s’il vous manque des compétences dans l’équipe le temps du projet ;

 

  • Le rôle du top management est décisif : en plus de l’acculturation, la direction peut provoquer l’étincelle en indiquant clairement les axes de travail et les priorités. Revoir un processus problématique, penser la digitalisation de l’entreprise, proposer des idées de nouveaux produits, améliorer le SAV, etc. ;

 

  • « La confiance à priori, le contrôle à postériori ». S’il fallait résumer les facteurs clés de succès de l’intrapreneuriat, cette devise s’imposerait d’elle-même. L’intrapreneuriat est indissociable du risque et donc de l’échec. Il implique l’acceptation de l’incertitude de l’innovation. Dédramatisez les tentatives vaines et valorisez le succès ;

 

L’intrapreneuriat suscite l’engouement de la communauté scientifique et les travaux de recherche se multiplient. C’est une notion vaste et complexe dont le périmètre se définit au gré des besoins de l’entreprise. Acceptez cette part d’inconnu et voyez en l’innovation le moyen de booster votre compétitivité dans un contexte ultra-concurrentiel.

Bien sûr, les entreprises ne sont pas toutes égales devant l’aventure intrapreneuriale. Les firmes souples au management décentralisé partent indéniablement avec une longueur d’avance, pour peu qu’elles justifient d’une fonction RH performante. Comme d’habitude, finalement…

Pour aller plus loin

  • « Intrapreneuriat – Innovation et croissance : Entreprendre dans l’entreprise », Véronique Bouchard, éditions Dunod ;
  • Notre article sur le décloisonnement des fonctions et entités dans l’entreprise.
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