Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

LE 21 Août 2019

Freelance style

Freelance et proprio : notions antinomiques ?

  • Download PDF
Freelance et proprio : notions antinomiques ?
Freelance et proprio : notions antinomiques ?

Une mise au point pour dissiper quelques doutes qui persistent : les travailleurs indépendants et les Amish sont deux sectes distinctes. Rien à voir l’une avec l’autre. Non, même pas le style. A la différence des Amish, les freelances ont besoin de se loger à peu près correctement. Mais voilà, ce n’est pas si simple d’accéder à la propriété quand on est freelance. Du point de vue des banques, accorder un crédit immo est loin d’être un sure beten langage bookmaker… c’est quand même contre-productif, avouez-le. Et puis, les banques, ça ne parie pas. Ça gagne ! Alors, comment faire ?

 

Crédit immobilier aux freelances : le mur de béton

 

Un 400 mètres haies, babouches aux pieds, contre Edwin Moses. Ça vous dit ? Petit exercice de traduction :

400m : le chemin de croix pour obtenir un crédit immobilier.

Babouches : métaphore faisant allusion à votre condition de freelance, inadapté au monde « respectable » de la banque.

Edwin Moses : légende du 400 mètres haies, contre lequel vous ne pouvez rien. Tout comme le salarié CDI, chouchou des banques.

You don’t stand a chance ! Sujet clos, passons à autre chose. Pourtant…

Dur d’accéder à la propriété quand on est freelance ? Oui. Impossible ? Nike*. En tête de gondole des difficultés que vous rencontrerez dans votre quête se dresse, nonchalamment, le refus catégorique des banques. Pour une banque normalement constituée, vous êtes un pestiféré qu’il ne faut en aucun cas admettre au panthéon des heureux élus de la propriété immobilière. Leur technique ? Une tonne de paperasse, procédures décourageantes et sourire forcé du chargé de clientèle.

Comme Superman, les banques ont leur kryptonite : les revenus en dents de scie, marque de fabrique du freelance. Enlevez toute garantie de solvabilité à la banque et elle fond en larmes, position fœtale. Secouez un CDI par contre… tout d’un coup ça salive d’envie et d’enthousiasme. Que faire donc face à la concurrence des « salarieux », avec leurs CDI, leurs garanties de solvabilité, leur assurance chômage et leur couverture santé ? Question légitime.

Il faut comprendre qu’une banque va d’abord chercher à protéger son « investissement », normal. Pour ce faire, elle va calculer votre solvabilité sur le long terme, à vous donc de lui prouver la bonne santé financière de votre activité. Seulement voilà, en cas de coup dur, un freelance n’a pas les mêmes sécurités que le salarié (pas d’assurance chômage, couverture santé minime…) et peut vite se retrouver sans revenu. Les banques n’apprécient pas. Du coup, même dans les rares cas où les banques acceptent d’accorder un crédit immo à un freelance, c’est au prix de taux d’intérêts fortement augmentés. Mais fort heureusement, il existe des moyens de remettre les pendules à l’heure…

 

Trucs et astuces pour glisser un dossier en douce

 

En vrac : bien choisir sa banque, éviter le statut de micro-entrepreneur, faire appel à un courtier en prêts immobiliers, cumuler 3 années d’exercice (bilans comptables à l’appui), disposer d’un apport minimum de 10%… Ces petites astuces, mises ensemble, peuvent constituer un dossier de crédit « bien vu » par le prêteur. A côté, d’autres facteurs aident à renforcer votre position pour négocier un taux d’intérêt compétitif : ne pas avoir un historique de découverts, un crédit à la consommation qui traîne, une courbe de revenus globalement en hausse…

Pour ceux qui ont un conjoint salarié en CDI, oubliez tout ce qui est écrit plus haut. Veinard ! Dans votre cas, l’idéal serait de faire une demande pour un prêt en commun. En dernier recours, et si votre conjoint n’est pas en CDI, une solution similaire existe. Vous pouvez en effet demander à un membre de votre famille de se porter caution, en sachant qu’il lui sera demandé les mêmes exigences de solvabilité que pour vous.

 

Portage salarial, plateforme raccourci vers la « solvabilité »

 

Arrivé à ce stade, vous aurez certainement reconnu que votre plus gros défaut (aux yeux des banques. Et elles, elles trouvent des défauts à tout le monde. C’est leur job !) a un nom : la solvabilité (ou le manque perçu d’outils de solvabilité, pour philosopher). Et pour le prêteur, vous en manquez terriblement !

La solution miracle : le portage salarial pour contourner les revenus en dents de scie.

Le principe : quand vous signez un contrat de travail avec une société de portage, elle se charge du recouvrement des missions effectuées par le porté et lui verse un « salaire » mensuel, tout ce qu’il y a de plus régulier.

Avantages : l’avantage de la technique, c’est que vous pouvez maintenant fournir à votre banquier des bulletins de salaire en bonne et due forme. La régularité de vos revenus est maintenant actée, signée, cachetée. L’autre atout du portage salarial est qu’il permet de prélever les cotisations sociales dès le paiement de la mission. Contrairement à un freelance ayant sa propre société et cotisant au RSI, le porté n’est pas taxé sur ses revenus passés. Last but not least, un travailleur indépendant en portage salarial bénéficie de la même protection sociale qu’un salarié, ce qui a le bon goût de rassurer les banques.

La solution du futur : Wemind est une plateforme innovante fondée en 2017 avec un objectif en tête : apporter aux freelances le même niveau de protection dont bénéficient les salariés, « la liberté en plus ». Osé ! Wemind propose aux indépendants une offre de complémentaire santé et de prévoyance, mais aussi une responsabilité professionnelle. Plus récemment, la plateforme innove et propose à ses utilisateurs une offre location zen… en attendant l’offre achat zen ?

Le principe : le modèle de Wemind est fondé sur la solidarité de la communauté des freelances. Sur le même principe, la plateforme a eu l’idée de créer une garantie logement pour faciliter l’accès à la location pour les indépendants, partant du constat qu’il leur est souvent difficile de convaincre les propriétaires du bien-fondé de leurs dossiers. L’offre location zen est un service accessible uniquement aux freelances qui ont souscrit la couverture santé prévoyance (en cas de maladie, le freelance continue à percevoir son salaire et peut donc payer son loyer), et permet de garantir la solvabilité du freelance auprès des propriétaires.

Avantages: on vous laisse deviner ? Comme les banques en cas d’achat, les propriétaires préfèrent les CDI. Les dés sont d’emblée truqués quand on est freelance en recherche de logement. Location zen rétablit un peu de parité dans ce monde de brutes financières, dans l’espoir qu’un achat zen lui emboîte le pas…

Pas encore assez d’apport ? Trouvez des contrats sur XXE!

 

Pour aller plus loin :

 

*Impossible is nothing

Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

0

commentaires

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Votre nom *
Email *
Commentaire*


CAPTCHA Image
Reload Image

TÉLÉCHARGEZ NOTRE LIVRE BLANC SUR L'ENTREPRISE ÉTENDUE !

DÉCOUVREZ CE CONCEPT ET INNOVEZ SANS LIMITE !

Quel futur attend les freelances et les entreprises ? Comment les entreprises peuvent-elles constituer leurs réseaux de freelances et créer à leur tour un collectif hybride d’experts salariés et indépendants ? Comment créer une entreprise étendue, casser la logique des silos ?

EN SAVOIR PLUS

INSCRIVEZ-VOUS
À LA NEWSLETTER