Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

LE 02 Avr 2019

Freelance style

Freelances : quelles aides financières pour se lancer ?

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Freelances : quelles aides financières pour se lancer ?
Freelances : quelles aides financières pour se lancer ?

Quand on est freelance, on est forcément adepte du « do it yourself ». Cette propension à l’autonomie et à l’indépendance n’exonère pas du besoin de se faire aider, surtout en phase de lancement de l’activité. Et à ce niveau, c’est le financement (l’argent est le nerf de la guerre après tout) qui pose un réel défi aux travailleurs indépendants. Alors quelles sont les aides financières dont on peut bénéficier quand on est freelance ? C’est ce que nous allons découvrir.

 

Démarrer une activité de freelance : les préalables

 

Dans l’industrie des services, le freelancing est une réelle alternative au salariat, et de plus en plus de français tentent l’aventure de l’indépendance. Plus de 10% des actifs en France sont des freelances et ils sont au nombre de 830.000 personnes, soit une augmentation de 120% en 10 ans ! Le projet n’est toutefois pas sans risque, d’où la nécessité de s’en prémunir à coup de préparation intensive et de stratégie à long terme. Formation adaptée, choix du statut juridique, profil professionnel, spécialité, tarifs, stratégie de communication, recrutement des premiers clients… sont autant de chantiers à aborder avant de pouvoir lancer son activité proprement. Cela dit, la priorité reste la planification budgétaire : en moyenne, un freelance débutant passe plusieurs mois avant d’obtenir son premier contrat, et les factures n’attendent pas. Il faut donc être précis sur ses besoins financiers et partir avec l’idée que les débuts vont être laborieux, quoique des exceptions existent, on ne lâche rien ! Rêver est primordial, mais quand il s’agit d’argent, il faut être réaliste pour mettre toutes les chances de réussite de son coté.

 

Quid des aides financières au lancement ?

 

C’est un secret de polichinelle, l’aventure entrepreneuriale porte bien son nom : aventure ! Entre excitation du démarrage et angoisse du chiffre, se lancer à son propre compte c’est comme s’embarquer dans des montagnes russes, avec leurs hauts et leurs bas. Heureusement, en tant que travailleur indépendant, vous pouvez bénéficier de dispositifs financiers pour lancer votre activité à tête reposée et dans de bonnes conditions. Il va sans dire qu’il faut préalablement jouir du statut juridique de travailleur indépendant, immatriculé aux organismes compétents (URSSAF, ASSEDIC…).

 

A partir du 1erjanvier 2019, l’ACRE (l’Aide aux Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise) a remplacé l’ACCRE (l’Aide aux Chômeurs Créateurs ou Repreneurs d’Entreprise) et est désormais ouverte à tous les auto-entrepreneurs. Concrètement, l’ACRE permet d’obtenir, à titre provisoire, une exonération des cotisations sociales (assurance maladie, maternité, invalidité, décès, allocations familiales…) pour une durée d’un an. Ce délai peut se voir prolonger de 12 mois supplémentaires, sous certaines conditions, si vous êtes micro-entrepreneur. Toutefois, il faut obligatoirement que vos revenus soient inférieurs au plafond annuel établi par la sécurité sociale, selon les conditions suivantes :

 

  1. Exonération totale : pour les revenus professionnels annuels inférieurs ou égaux à 75% du plafond annuel de la sécurité sociale ;
  2. Exonération dégressive : pour les revenus professionnels annuels supérieurs à 75% du plafond annuel de la sécurité sociale ;
  3. Aucune exonération : pour les revenus professionnels annuels supérieurs au plafond annuel de la sécurité sociale.

 

En outre, ce dispositif permet de bénéficier d’une aide financière au titre de la création ou de la reprise d’entreprise (personne physique ou morale). Cette aide se décline de deux manières :

 

  1. L’ARE (aide retour à l’emploi) : il s’agit du maintien de vos revenus du Pôle emploi, même après obtention de l’ACRE (certaines conditions s’appliquent) ;
  2. L’ARCE (aide à la reprise ou la création d’entreprise) : il s’agit de l’obtention d’un capital baptisé « capital ACRE », composé de vos allocations chômage et versé en deux échéances : 50% en début d’activité et le reliquat après 6 mois.

 

Le régime de la micro-entreprise

 

Dans la jungle des statuts possibles, le dispositif micro-entreprise est tout indiqué pour une activité de prestation de services à titre individuel. Parfaitement adapté au travail en freelance, ce régime attire par sa simplicité et ses nombreux avantages. Si vous optez pour ce régime en 2019, vous devez obligatoirement exercer votre activité à titre individuel et ne pas dépasser un montant annuel de 70 000 euros HT en chiffres d’affaires (pour les prestations de services). A partir de là, vous pourrez prétendre à des aides financières assorties d’un accompagnement pour la création d’une micro-entreprise, notamment au travers du dispositif NACRE (prêt à taux 0% sur une durée de 5 ans). Les autres avantages financiers incluent l’exonération de la TVA, la subvention Agefiph de 6000 euros (pour créateur d’entreprise en situation d’handicap et demandeur d’emploi), en plus d’autres aides au micro-entrepreneur qui varient selon les régions.

 

Qu’en est-il du congé pour création d’entreprise ?

 

Exercer en freelance est un rêve pour beaucoup, même pour des travailleurs salariés ! Pour autant, quand on est salarié, se lancer dans une activité indépendante ne doit pas être synonyme de prise de risque totale. C’est pourquoi le congé pour création d’entreprise (CCE), bien qu’il ne soit pas une aide financière directe, est un avantage dans le sens où il vous permet de garder la stabilité de votre emploi. Concrètement, vous pourrez quitter votre entreprise pour une durée d’un an (prolongeable d’une année supplémentaire), avec la possibilité de réintégrer votre poste passé ce délai. En outre, ce congé peut être pris à temps plein ou à temps partiel, tout en maintenant votre contrat de travail actif. Pour en bénéficier, vous devrez justifier d’une ancienneté de 2 ans, au moins, chez votre employeur, lequel vous devez aviser de votre demande de congé pour création d’entreprise par lettre recommandée, 2 mois avant la date prévue de départ. Enfin, avec le CCE, vous gardez le contrôle sur votre avenir professionnel et vous pouvez décider de quitter votre emploi, à titre définitif, sans obligation de préavis.

 

Pour aller plus loin

 

Prime d’activité pour les freelances : c’est possible !

Quelle banque choisir quand on est freelance ?

 

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