Audrey Liberge

Audrey Liberge

Lecture de 5 min

LE 18 Avr 2019

Freelance style

Freelance, comment être junior et crédible ?

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Freelance, comment être junior et crédible ?
Freelance, comment être junior et crédible ?

Diplôme en poche, deux petits stages de 3 mois et des miettes… et ça espère être crédible tout de suite. Quel affront ! Si Darth Vader pouvait, il en rirait. Par la passé, pour décrocher un job, il suffisait d’avoir un pouls. Aujourd’hui, on attend d’un profil junior 10 ans et demi d’expérience et 6 médailles olympiques avant de considérer sa candidature. Dans Mortal Kombat, c’est ce qu’on appelle une fatalité. Pour autant, on peut tout à fait être freelance junior et crédible, sans forcément mentir en disant que vous êtes senior. On peut même se démarquer ! Petit tour de la question.
 

Pas de réseau = pas d’appels

Le portfolio ne suffit pas. Maintenant que c’est dit, passons aux choses sérieuses. Vous savez peut être rédiger en 3 langues, développer en full-stack et faire des lasagnes, mais il n’y a que vous qui le savez. Et puis vous n’êtes pas tout seul. Depuis que les marxistes ont laissé tomber toute idée de justice de classes, ici c’est la jungle du capital. Prédateur ou proie, il faut choisir. D’où l’intérêt d’avoir un réseau professionnel de gens qui savent de quoi vous êtes capable, bien que junior. Des gens qui pourront vous recommander à leur réseau, à eux. Comment ? Une petite expérience, un stage, une soirée… soyez créatif ! L’essentiel est de mettre le pied chez ce beau petit monde, intégrer son univers (réel ou virtuel) et faire le pitch.

N’hésitez pas à demander à des amis, des anciens collègues de stage ou à des connaissances de vous présenter à des cibles potentielles. Le plus dur est de décrocher une entrevue, après c’est à vous de jouer et de convaincre. Rien ne bat le bon vieux réseautage.
 

Une plateforme pour faire le show

Il vous faut une scène et un public. Il faut faire le show, et tout débutant que vous êtes, vous devez convaincre. Au stand-up, on appelle ça un warmer : un jeune débutant qui fait un gig avant le « headliner ». Sa mission est simple : warm the place up ! Chauffer la salle avant l’entrée de la star du show. Les warmers ont l’occasion de faire étalage de leurs talents, et les meilleurs passent au palier supérieur. Un freelance junior doit suivre la même logique pour rouler sa bosse. Quoique dans le monde du travail indépendant, la scène s’appelle les plateformes de recrutement et le petit réseau des freelances « headliners ». Si vous ne trouvez de scène qui vous accueille pour jouer votre partition, une idée : travailler gratuitement est le moyen le plus facile d’accéder rapidement à la crédibilité qui manque au freelance junior. C’est votre spectacle de bienfaisance en quelque sorte et un excellent départ à votre quête de crédibilité. C’est aussi un investissement à moyen terme qui permet de faire la récolte après coup : un portfolio, un retour positif de client, des contacts et une expérience tangible, le tour est joué. Attention quand même à ne pas s’engager sur des projets trop longs ou qui n’en valent pas la peine du point de vue des retombées souhaitées. Quitte à travailler gratos, autant en profiter !
 

On tire sur tout ce qui bouge

Quand on est « rookie », on ne fait pas la fine bouche. Et ce qu’on évite, par-dessus tout, est le snobisme dans la veine du « trop peu pour moi ». Car pour se construire une crédibilité, il n’y a pas de secret : du temps et de la persistance (et éventuellement des petits raccourcis intelligents). Et pour se démarquer d’une concurrence aux dents acérées, il faut adopter une approche créative. Alors, on sort l’artillerie lourde et on tire à vue sur toutes les opportunités qui nous passent sous les yeux. Oui, les refus seront nombreux et décourageants, mais personne n’a dit que ça allait être facile. Et puis tout le monde est passé par là. Jouir des bienfaits du freelancing présuppose de souffrir de ses tares. En d’autres termes, avant de vivre de votre passion, il va falloir enfiler la casquette de freelance commercial prospecteur et faire le tour du quartier, frapper à des portes.

Ultimement, pourquoi ne pas postuler avec le travail demandé ? Au lieu d’envoyer un CV et un portfolio, impressionnez le recruteur en envoyant le projet ficelé. Si ça ce n’est pas un coup de pub qui vous crédibilise…
 

Jouer la carte des projets personnels

C’est l’ère du partage, vous le savez. A vos heures perdues, travaillez sur des projets personnels et partagez vos réalisations. Les réseaux sociaux sont vos amis, et vos travaux sont des outils efficaces de prospection. Un projet personnel peut être un outil pointu de recrutement clients. Du moins, si personne ne remarque vos talents (la probabilité est assez faible par ailleurs), ça ne manquera pas de vous crédibiliser auprès des porteurs de projets. Si vous êtes rédacteur, tenez un blog et laissez parler votre plume. Insérez l’URL de votre site systématiquement dans vos candidatures et sur vos réseaux, sociaux et professionnels. Si vous êtes développeur, travaillez sur une application « vitrine » pour le fun. Vous êtes designer ? Envoyez vos propositions de design adaptées à vos clients potentiels. Si ça ne vous aide pas à décrocher le job, ça ne manquera pas de les interpeller et ils vous garderont en mémoire.

Toutefois, plus que votre savoir-faire, c’est votre approche et votre personnalité qui vous aideront à vous démarquer. Faites du bruit (raisonné !) et ayez confiance en vous. Délimitez votre périmètre et sachez identifier vos points forts, vos points faibles vous les connaissez à ce stade : votre principal « défaut » est votre manque d’expérience documentée manifeste. Pour le détourner, faites appel à l’enthousiasme du débutant que vous êtes. Misez sur votre fraîcheur et votre énergie : en entretien, ce sont ces qualités qui devront ressortir. La préparation et la créativité feront le reste. Et n’oubliez pas que la crédibilité se gagne et s’entretient, et que pour l’acquérir, il faut offrir un petit plus qui va surplomber votre manque d’expérience : « go the extra mile ». Tâchez de faire mieux, plus, plus vite et moins cher. Etre ultra compétitif est une obligation en début de carrière. Quand vous serez « headliner », viendra le temps des caprices.
 

Pour aller plus loin

Freelance: to specialize or not to specialize, that is the question

Business model : pour atteindre le top-tiers des freelances

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