Audrey Liberge

Audrey Liberge

Lecture de 5 min

LE 14 Mai 2019

Freelance style

Comment rendre votre projet « freelance-friendly » ?

  • Download PDF
Comment rendre votre projet « freelance-friendly » ?
Comment rendre votre projet « freelance-friendly » ?

Un plat de haricots verts avec ses bouchées de brocolis sauce vinaigrette, ça vous tente les enfants ? On la voit d’ici, la réaction : un bon gros « Beuuuuurk ! » sont nos petits chérubins ont le secret ! Oui, les légumes verts, c’est bon pour la santé, mais ça n’attire pas les petits ! La forme, ça compte. La forme, ce n’est que le fond qui remonte à la surface. De la même manière, pour attirer des freelances, il va falloir les gratiner, les brocolis. Car les freelances, à la différence des « salarieux », ça a des attentes un peu particulières. On sur du free bird. Comment alors rendre votre projet attractif pour les meilleurs freelances ? Voici la recette !

 

Basculement du rapport de force : mon boss, c’est moi !

 

Le monde du travail a changé : hégémonie de la numérisation, montée en puissance de l’économie du savoir, facilité d’accès à la formation et à l’information, arrivée de la génération Z sur le marché du travail… et développement, en conséquence, des plateformes économiques digitales. Le chiffre qui en dit long : 34% des actifs aux Etats-Unis sont des freelances. En France, 2,8 millions de personnes sont des travailleurs indépendants, soit 10,6% de la population active. Dire que le rapport de force dans le monde du travail a changé à la faveur des nomades digitaux est un euphémisme. La nouvelle génération a le goût de l’indépendance. C’est un fait, une vérité générale. Si de plus en plus de milléniaux optent pour le freelancing, c’est que le monde du salariat n’a plus bonne presse. Du moins, pas pour eux.

 

Simple arithmétique : plus il y’a de freelances, moins il y’a de salariés, et moins il y’a de profils classiques « à piocher » pour les entreprises. Le freelancing est un produit de substitutionpour le salariat, au sens de Michael Porter. Pour l’entreprise, il s’agit de mettre les bouchées doubles pour rendre l’offre de travail plus alléchante, à la fois pour les indépendants que pour les chercheurs de CDI. Certaines commencent à s’en apercevoir et soignent ainsi leurs relations avec le monde du travail indépendant, conscientes que les rôles sont désormais inversés : ce n’est plus au travailleur de s’adapter à l’entreprise, c’est à l’entreprise de s’adapter au freelance car il en va de sa capacité à innover, de sa compétitivité et, parfois, de sa pérennité. Les maîtres-mots de cette transition ? Intelligence collective, agilité de fonctionnement, flexibilité horaire, remodelage des rapports hiérarchiques, mesure de satisfaction des freelances, développement de la marque employeur… Il est évident que cette mue est un processus qui s’inscrit sur le moyen et long terme pour les entreprises, mais rien n’empêche d’avoir des freelances onboardpour initier le changement.

 

Commençons par le commencement : l’offre d’emploi

 

Une offre d’emploi en dit plus long sur votre entreprise que vous ne voudriez l’admettre. La formule donne le ton, la structure fait écho à l’atmosphère… en ne prêtant que le minimum syndical d’attention à votre offre, vous risquez de rebuter les plus observateurs. Et un freelance, ça observe, ça cogite et ça interprète. Vous pouvez être sûr que chaque détail de l’annonce sera passé au peigne fin avant même de daigner googler le pourquoi du comment. Une erreur commune à la majorité des employeurs est de focaliser l’offre sur les descriptifs de poste, les compétences exigées, la rémunération… Oui, mais quid des valeurs de votre entreprise ? Un conseil : mettez du cœur dans votre annonce. Elle doit refléter votre personnalité, votre vision, votre culture d’entreprise. Les freelances sont sensibles, avant tout, aux valeurs véhiculées par votre entreprise et fuient comme la peste les phrases génériques et robotisées qui pullulent sur une large gamme d’offres d’emplois ou d’appels d’offres.

 

Par ailleurs, un titre précis et percutant va donner le « La » de votre annonce. Mais pas seulement. C’est la qualité du projet et votre manière de communiquer dessus qui vont intéresser les meilleurs freelances. Concrètement, il faut penser au-delà de la rémunération qui, si elle constitue une part importante de la matrice de motivation de tout travailleur, ne suffit plus à attirer the best of the bestcar par définition, les meilleurs ont déjà du boulot, ou en auront dans un avenir proche et vous laisseront tomber. Ajoutez une bonne dose de perspectives de partenariat à long terme avec le freelance, jouez la carte de la qualité de vos clients et de la richesse de la mission, et les carottes devraient probablement être cuites.

 

Polissez votre e-réputation…

 

Le terme à la mode dans le milieu RH est la marque employeur. Marque employeur par-ci, marque employeur par-là, mais qu’en est-il de la substance ? Justement, parlons-en : initialement, l’intérêt d’une marque employeur forte est d’attirer, puis de fidéliser les meilleurs talents disponibles sur le marché de l’emploi, et ils sont rares, car l’autre expression à la mode, c’est la pénurie des talents. Vous l’avez certainement remarqué, freelancing et fidélisation sonnent étrangement comme une contradiction. Faux. Fidéliser ne se fait pas que par CDI et les nuances qui existent dans le spectre du partenariat à long terme peuvent être déclinées à l’infini. C’est à ce niveau que la réputation de l’entreprise sur les réseaux sociaux entre en jeu comme facilitateur d’accès à l’entreprise pour les freelances. A travers sa stratégie d’e-réputation, l’entreprise a l’opportunité de communiquer sur sa capacité à accueillir le freelance et à respecter son individualité, sa liberté et son unicité. C’est aussi l’occasion de rassurer les indépendants quant à la propension de l’entreprise à les intégrer dans de bonnes conditions.

 

Un label « independant-friendly »

 

Des pistes de réflexion autour de la création d’un label « entreprise ami des freelances » existent. L’objectif est de valoriser les boîtes qui œuvrent à une meilleure intégration des indépendants, et permettre à ses derniers de les identifier. L’idée d’un label freelance-friendly est la prochaine étape de l’adaptation de la marque employeur aux freelances. Certes, ce n’est encore qu’une fantaisie, mais le concept sur lequel elle repose est tout à fait reproductible dès maintenant. Pour dire les choses simplement, il suffit pour l’entreprise de prendre conscience de la particularité du travail indépendant : conscience des règles du jeu, des contraintes et bénéfices du partenariat avec les freelances, volonté de changer ses process, d’adapter ses règles… autant de facteurs qui, si communiqués intelligemment, parleront sans doute à votre cible. Et puis, rien n’empêche de bricoler un petit label « freelance-friendly » sans valeur juridique pour vous démarquer !

 

Les entreprises qui proposent des offres sur XXE ont compris l’importance du freelancing… à vous de jouer !

 

Pour aller plus loin

Audrey Liberge

Audrey Liberge

Lecture de 5 min

0

commentaires

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Votre nom *
Email *
Commentaire*


CAPTCHA Image
Reload Image

TÉLÉCHARGEZ NOTRE LIVRE BLANC SUR L'ENTREPRISE ÉTENDUE !

DÉCOUVREZ CE CONCEPT ET INNOVEZ SANS LIMITE !

Quel futur attend les freelances et les entreprises ? Comment les entreprises peuvent-elles constituer leurs réseaux de freelances et créer à leur tour un collectif hybride d’experts salariés et indépendants ? Comment créer une entreprise étendue, casser la logique des silos ?

EN SAVOIR PLUS

INSCRIVEZ-VOUS
À LA NEWSLETTER