Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

LE 10 Juil 2019

L'entreprise étendue

Freelance vs salarié, l’entreprise se pose des questions

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Freelance vs salarié, l’entreprise se pose des questions
Freelance vs salarié, l’entreprise se pose des questions

Le salariat, c’est fini ? Non, pas encore. Pas de parti pris, si ce n’est la réalité crue : d’après un sondage Ifop, d’ici 2024, le format « travailleur indépendant » devrait passer de 5 à 14%. Les freelances ne sont pas bêtes. S’ils sont de plus en plus nombreux, c’est qu’ils répondent à un besoin croissant des entreprises. Autre chose, la conjoncture. Ce gros mot désignant le phénomène externe qui change souvent et qu’on ne contrôle pas fait que les freelances ont la cote en entreprise. Oui mais pourquoi ? Est-ce réellement avantageux d’enrôler un freelance plutôt qu’un salarié ?

 

Jeu, set et match au freelance

 

 

Cessons de faire dans le politiquement correct et disons les choses telles qu’elles sont : c’est l’économique qui fait le politique, et non l’inverse. Le recours massif des entreprises aux indépendants est d’abord une question de coûts. Le cabinet d’audit financier EY a mené deux sondages auprès de plus de 214 employeurs et de 1 000 travailleurs indépendants, et, pour 55% des entreprises, le recours aux freelances est un moyen de faire des économies. Bienvenu à l’ère de la « gig economy » !

 

Ere digitale oblige, l’évolution est permanente, plus rapide. Les compétences peuvent rapidement devenir obsolètes (obsolescence programmée ?) et on ne peut pas (soyons réalistes) remplacer périodiquement de grands pans de son effectif de salariés. On préfère donc faire appel aux compétences et à l’expertise d’un indépendant, sans trop dépenser en charges connexes. Et quand on sait que toute une composante des métiers techniques ou à haute cadence intellectuelle est quasi-exclusivement exercée par des freelances… Pour les freelances, le concept se tient : pourquoi se soumettre à la subordination quand on dispose de compétences rares, très fortement demandées ? Pourquoi se limiter à un job quand on peut en décrocher plusieurs ? Pourquoi rouler à 80 km/h sur l’Autobahn ?… On digresse mais vous voyez le principe.

 

La souplesse est en deuxième ligne des motifs invoqués par les entreprises quand il s’agit de préférer l’embauche des freelances aux salariés. Là aussi, le contexte global et le changement d’environnement économique et social y sont pour beaucoup : soudaine montée en régime de l’activité, projets temporaires, remplacement ou renforcement d’effectif… En plus, l’entreprise « Robinson Crusoé » n’existe pas, elle fait partie d’un tout, est sujette à des impératifs de survie (comme tout le monde) et… roulement de tambours… elle est partie prenante de la doctrine économique libérale new wave : la guerre de tous contre tous ! Dédramatisons : concurrence de toutes contre toutes (les entreprises, s’entend).

 

« Court-termisme », gestion du risque et flexibilité : la Kryptonite du salarié

 

Les crises deviennent chroniques, vous êtes au courant ? Certains économistes diront qu’elles sont systémiques, c’est-à-dire intrinsèques au fonctionnement du système. En d’autres termes, elles sont inévitables. Les entreprises s’adaptent : deux cachets de court-termisme et une cuillère à soupe de flexibilité par jour. Le traitement a un nom : l’embauche en missions ponctuelles. Le mode « hire and fire » en vigueur Outre-Atlantique fait des envieux en France, de par les possibilités de corriger les erreurs de casting qu’il permet. Or, l’embauche d’un salarié est par définition antinomique à cet état de fait car elle implique, dans son essence même, une collaboration à long terme. Elle est donc taxée, dorénavant, de rigide et peu pratique. Rassurez-vous, cela ne sonne pas le glas du salariat en tant que tel, mais ça en réduit sérieusement les perspectives.

 

Freelances vs salariés : qui a gagné la bataille financière

 

Le mot sur toutes les bouches des dirigeants d’entreprises ? La maîtrise des coûts. La popularité des freelances entre dans cette logique du capital à réduire ses frais pour :

 

A/ assurer sa survie (TPE) ;

B/ prospérer (PME / PMI) ;

C/ engranger des profits colossaux (vous savez qui).

 

Première grosse différence financière entre engager un freelance et recruter un salarié : le ticket d’entrée ! Dans le cas du freelance, il s’agit d’un budget achat prédéfini, de la même manière qu’on achète des équipements (no offense). Pour le salarié, ce sont des charges et cotisations salariales et sociales qu’il faudra assumer dès le premier jour d’embauche, en plus, évidemment du salaire.

 

Sur le court terme, un freelance vous coûtera plus cher qu’un salarié car il facture ses prestations à l’heure, à la journée ou au forfait. Mais à la différence du salarié, quand il a terminé son travail,  le freelance plie bagage et coupe le cordon financier qui vous relie à lui. Sur le moyen et long terme, le salarié est donc plus onéreux à entretenir. Mais ce n’est pas qu’une question de coût (les contraintes administratives et réglementaires y sont aussi pour quelque chose), bien qu’elle soit centrale. C’est ce que révèle une enquête de l’INSEE parue fin 2017 : les coûts liés à l’emploi et la réglementation du marché du travail représentent deux des principaux freins à l’embauche.

 

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Pour aller plus loin :

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