Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

LE 06 Juin 2019

Freelance style

Vie de freelance : vie de chat ?

  • Download PDF
Vie de freelance : vie de chat ?
Vie de freelance : vie de chat ?

Alors, on se la coule douce ? Pas besoin de s’habiller, pas besoin de se coiffer, pas besoin de se réveiller. La matou-freelance, c’est un style de vie. Comme le chat, l’indépendant est une créature fascinante, capable du meilleur comme du pire, intrigante qui adore l’oisiveté, la gourmandise et les siestes. Voilà pour le cliché. Mais plus sérieusement, qui n’a pas déjà lu ses emails en pyjama ? Qui n’a pas fait une visio avec une chemise en haut et… rien en bas ? Aujourd’hui, honneur aux clichés et aux stéréotypes. Freelances sensibles s’abstenir… Allez faire une p’tite sieste.

 

Vis ma vie en pyjama

 

Quand on n’est pas dans le trip métro-boulot-dodo, quand on n’a pas de punch cardni une épée de Damoclès de Christine, la veille cinglée des RH qui brandit la menace du malus horaire comme Arthur brandissant Excalibur… pourquoi quitter son pyjama ? En langage freelance, métro-boulot-dodo se dit « boulot-micro pause-sieste-faire un tour-Netflix ». D’où le pyjama, au maximum.

Occasionnellement, notre félin garde une chemise à portée de main au cas où un client étranger qu’il est au monde des vertébrés indépendants décide de lancer un appel vidéo impromptu. D’ailleurs, la tendance mode 2019 est au pantalon de pyjama-chemise habillé, au cas où vous l’ignoriez. Des pionniers, on vous dit.

Une idée pour faire fortune : une boutique en ligne de pyjamas décalés pour freelances milléniaux idéalistes, cartésiens et désabusés. La définition du cartésien désabusé ?Je pense, donc je suis, mais je m’en fiche. Une autre idée de prints qui feront mouche : à bas le salariat, à bas le capital prédateur, just do itin pajamas.Et quand vous ferez fortune, par ici les royalties, parce que le capitalisme n’a pas que des mauvais côtés.

 

Le script: who’s the boss?

 

Dans un monde idéal, le freelance fait son show au gré de ses humeurs, ses envies, ses errances. Dans un monde idéal. Dans le monde réel, il faut beurrer les toasts et prendre des commandes. Sortir le chien et envoyer un mail. Sortir les poubelles et peaufiner un livrable. Entre deux projets, on passe l’aspirateur, on fait une course rapidos, on regarde un épisode d’une série à épisodes de 20 minutes (style The Big Bang Theory ou Southpark)… L’embarras du choix. C’est qui le boss ? Tant que c’est calibré, ça va, on arrive à s’en sortir car le gros de la journée est quand même passé à bosser (oui ça compte, même en pyjama). Quand on succombe à la tentation oh combien grande de la procrastination, on passe en mode damage controlet les chats, c’est bien connu, ça ne sait pas spécialement gérer les urgences. Voici en quelques étapes clefs la journée type d’un légume :

 

·      Le réveil : le mythe de Sisyphe

Réveil à 7h ? Un mythe. Habituellement, le réveil effectif est précédé d’une série de pseudo-réveils qui n’ont d’autre intérêt que de flouer l’inconscient en lui faisant croire qu’après tout, on n’est pas une totale déception et qu’on est quand même réveillé, même les yeux fermés, sous la couette, en ronflant… Chaque matin, on a du mal. C’est le signe qui ne trompe pas. Celui du mammifère familier à poils doux, aux yeux oblongs et brillants, à oreilles triangulaires, aux griffes rétractiles. Le matou qui sommeille en vous vous tient par la gorge, et c’est lui qui décide de l’heure du réveil. Quand Garfield estime qu’il est temps d’aller au café.

 

·      Le café du matin : la salvation par l’addiction

Que serait-on sans le café du matin (de midi, de l’après-midi, du soir) ? Mais, d’abord, qu’est-ce que le café ? Le café est une potion magique de couleur noirâtre, qui permet de transformer un « Kesse tu m’veux encore ! » en un « Bon matin mon lapin ». On ne décroche son badge de freelance qu’après avoir eu la « procaféination », curieuse pathologie qui se manifeste par la prise automatique d’une tasse de café avant toute nouvelle tâche. La caféine, c’est magnifique. Et si vous vous faites choper par un client à jeun, vous avez le droit de garder le silence. Vous ne parlerez qu’en présence de votre café. C’est la loi. Et si vous n’êtes pas café-addict… bah bravo !

·      La première pause : le signe du chat

Pour commencer, il faut toujours faire une pause. Toujours. Qu’il pleuve ou qu’il vente, la première pause est non négociable. Déjà, se réveiller mérite une pause. C’est votre chat qui vous l’a appris. Donc on se détend, bien au chaud sur son canapé (si vous avez trouvé le courage d’aller jusqu’au salon, c’est déjà pas mal. High five !), téléphone à la main, daydreaming. Travailler dur n’a jamais tué personne, mais pourquoi prendre le risque ?

·      La reprise (ou le vrai début du travail)

L’heure de la vérité sonne. Le seul moment de la journée où rien ne va, rien ne marche. Ça baille, ça gueule et ça allonge les bras. Une pensée vous vient brusquement à l’esprit, sourire sur le coin des lèvres : ah, si j’étais riche ! Travailler, travailler… Mais qui a le temps pour ces trucs ? Tout n’est pas perdu, après quelques clics et deux lignes de code, ou de texte, il sera temps de prendre une … ? Pause. Une pause.

·      La deu…énième pause : la procrastination pour les nuls

Moins, c’est plus. Apprendre à dormir 12 heures d’affilée : c’est désormais possible ! L’art d’accomplir en huit heures un job de 2 heures, c’est plus facile que vous ne croyez. Après tout, pourquoi remettre au lendemain ce que l’on peut faire le surlendemain ? Dans la même lignée, pourquoi se priver d’une énième pause sous prétexte (faiblard) qu’on n’a rien fait pour la mériter ? Encore une fois… c’est qui le boss ?

·      Youtube, Netflix et autres mignardises

Une journée non ponctuée d’un revisionnage des derniers épisodes de GOT, de vidéos de foot et du triptyque Facebook-Instagram-Twitter n’est pas une journée qui mérite d’être vécue. Après tout, un créatif a besoin de détente et d’inspiration pour bosser. Voilà pour le poisson d’avril. Maintenant que c’est fait, une règle d’or à respecter pour une procrastination réussie : Youtube et Netflix, c’est du boulot.

 

Pour aller plus loin

Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

0

commentaires

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Votre nom *
Email *
Commentaire*


CAPTCHA Image
Reload Image

TÉLÉCHARGEZ NOTRE LIVRE BLANC SUR L'ENTREPRISE ÉTENDUE !

DÉCOUVREZ CE CONCEPT ET INNOVEZ SANS LIMITE !

Quel futur attend les freelances et les entreprises ? Comment les entreprises peuvent-elles constituer leurs réseaux de freelances et créer à leur tour un collectif hybride d’experts salariés et indépendants ? Comment créer une entreprise étendue, casser la logique des silos ?

EN SAVOIR PLUS

INSCRIVEZ-VOUS
À LA NEWSLETTER