Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

LE 22 Nov 2018

les experts métiers

Le graphiste/directeur artistique : ce rêveur pragmatique !

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Le graphiste/directeur artistique : ce rêveur pragmatique !
Le graphiste/directeur artistique : ce rêveur pragmatique !

Il y a un peu d’art dans tous les cœurs de métier… mais c’est le graphiste qui, indéniablement, se rapproche le plus de l’expression de la beauté ! Conditionnés par les fulgurances technologiques mais profondément attachés à leur sensibilité artistique, les métiers du graphisme se nourrissent d’une dualité inédite, pragmatique mais rêveuse. Il titille la curiosité de son buyer persona, il cherche l’émotion ou l’amusement, il apporte un cachet visuel aux contenus textuels, du simple article de blog à l’affiche électorale des candidats aux présidentielles. Mais derrière ce chantre de l’esthétique, exemple même du métier-passion, se cache un redoutable professionnel qui porte son talent par de vraies compétences techniques.

Le graphiste est doué, il est créatif et il est fait pour le freelancing, car on peut créer de n’importe où, sur de courtes périodes en toute autonomie. Mais malheureusement, le graphiste n’est pas le seul. De nombreux graphistes et directeurs artistiques se sont lancés en freelance, ce qui a augmenté la concurrence entre les différents acteurs de la profession. Nous le voyons bien sur les plateformes comme XXE, les graphistes inscrits sont plus nombreux que certains autres corps de métiers, et le nombre de candidatures sur des projets graphistes explosent très rapidement, bien plus que sur d’autres projets plus IT, un secteur en pénurie.

Le métier de graphiste tend donc à évoluer vers toujours plus de diversité, de 360. Ils se créent en collectif pour trouver plus de missions, ils soignent leur personal branding pour se démarquer, ils squattent les plateformes freelance pour trouver la prochaine mission. Car malheureusement, on a souvent besoin d’un bon graphiste pour un projet court terme de création de logo, infographie, mais rarement sur une mission pérenne. Ce qui oblige les graphistes à constamment rechercher de nouveaux clients.

 

Graphiste, un métier, plusieurs spécialités

 

Difficile de recenser avec précision la communauté des graphistes français. D’une part, il y a la diversité des statuts (salariés, intermittents, indépendants…). De l’autre, il y a celle des nomenclatures des professions et catégories socioprofessionnelles car en effet, le graphiste/directeur artistique appartient à une famille de métiers très élargie qui compte, entre autres, les dessinateurs, les stylistes et les créateurs de supports de communication visuelle. Les estimations vont bon train : à la fin des années 2000, l’effectif des graphistes français a été estimé à 44 000, avec environ 20 000 salariés « corporate » et 19 000 graphistes affiliés à la Maison des Artistes (MDA). Le dernier rapport de prospective nationale des métiers et des qualifications réalisé conjointement par France Stratégie et la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, révèle que les perspectives de recrutement pour les graphistes/directeurs artistiques vont aller crescendo d’ici 2022.

Aujourd’hui, la communauté est quasi-équitablement partagée entre salariés et indépendants. On peut d’ailleurs la ventiler selon une autre typologie, celle qui oppose le graphiste « institutionnel » et le graphiste « commercial », au sens large.

 

#1 Les graphistes de la sphère institutionnelle

 

Ministères, collectivités territoriales, écoles, établissements culturels… les institutions, notamment publiques, affichent des besoins soutenus en graphisme. Leurs chartes graphiques, massivement mises à contribution, nécessitent des refontes régulières. Elles sont actives sur les réseaux sociaux au nom du droit à l’information. Elles s’ouvrent de plus en plus à l’infographie, à la communication décalée, à la vidéo, au contact moins solennel avec le citoyen.

 

#2 Les graphistes du commercial

 

Communication et publicité d’une part, animation 3D et jeux vidéo d’autre part. Ces graphistes évoluent dans l’un des secteurs les plus réglementés de France et d’Europe, avec notamment les directives communautaires de protection du consommateur qui limitent leur marge de manœuvre à bien des égards. Polyvalents, pluridisciplinaires et appelés à se mettre constamment à la page de leur métier, ils gèrent aussi bien l’identité visuelle que le webdesign et sont souvent challengés sur d’autres compétences plus transversales avec la gestion de projet, la formation des juniors ou encore la force de proposition. Ils sont attendus sur la production soutenue de livrables multi-support, de l’affiche au prospectus, de l’annonce publicitaire à la PLV, du packaging à la publicité animé, du catalogue à la bannière web.

 

#3 Les graphistes print

 

Oui ça existe encore ! Les graphistes spécialisés uniquement print pour réaliser votre plaquette papier ou autre rapport annuel sont encore peu nombreux, mais sont finalement sur une niche intéressante.

 

#4 Les graphistes pour particuliers

 

Envie d’avoir un faire-part qui claque pour son mariage, une superbe invitation d’anniversaire ou autre création de papeterie qui va impressionner vos familles et amis ? Vous pouvez faire appel à un graphiste. Mais malheureusement les coûts sont plus élevés que les logiciels de création en ligne de faire-part ou autre. Les particuliers préfèrent désormais utiliser les nombreux templates de création plutôt que de passer par un expert pour leur création. Du coup la majorité des graphistes proposent encore ce service mais peu sont spécialisés uniquement dans ce domaine.

 

Le graphisme doit se (ré)former et se rendre visible pour subsister

 

Aujourd’hui, plus que jamais, le graphiste doit rester vigilant. Qu’il soit salarié ou indépendant, le graphiste ne peut faire fi des aptitudes corporate et d’une certaine intelligence émotionnelle pour répondre aux besoins de ses clients et employeurs :

  1. ne pas dessiner ses convictions personnelles ;
  2. comprendre le positionnement de son client pour être congruent avec le message à véhiculer ;
  3. maitriser la théorie des couleurs et l’art du contraste ;
  4. assurer l’équilibre des proportions ;
  5. cerner la sensibilité du client : plutôt sobre ou fantaisiste ?
  6. gérer les retours des clients en restant fair-play.

Vous pouvez aussi vous former à de nouvelles formes de graphisme : flat design, semi flat, exploitation de la matière, dégradé de couleurs vives, responsive design, … Il faut à tout prix suivre les tendances pour pouvoir répondre aux besoins de vos clients. Au constat d’un métier éclaté, longtemps porté par les autodidactes, des ouvrages de synthèse sont venus encadrer la profession pour lui apporter cette aura théorique et scientifique. Intéressé par cette littérature spécialisée ? Voici les indéboulonnables :

  • « Dessiner, une méthode pas comme les autres», John Cassidy (Auteur), Quentin Blake (Illustrations), 2011
  • « The typograpghy idea book: Inspiration form 50 Masters», Steven Heller and Gail Anderson, 2016
  • « L’art chinois de l’écriture», Jean François Billeter, 2001
  • « Work for money, Design for love», David Airey, 2012

Jetez aussi un œil sur les productions des mastodontes de la profession comme Edward Bawden, Martin Sharpen, Marcel Jacno, Franco Grignani ou encore Josef Müller. Sans perdre de vue l’impératif d’adaptation aux exigences des clients, à chaque graphiste son background, son obédience, son doigté… Et c’est d’ailleurs cette quête d’une identité artistico-corporate que les graphistes plébiscitent l’indépendance professionnelle ! N’hésitez pas à dire franchement que le visuel de votre client n’est pas pertinent ou que son idée ne rendra pas bien dans votre infographie. Il appréciera votre œil expert et vous laissera plus de place à votre créativité.

Instagram et Pinterest. Voilà la bible de l’inspiration du graphiste connecté ! Le syndrome de la feuille blanche ne résistera pas aux envolées artistiques quotidiennes des réseaux sociaux portés sur l’image. Mais ces outils seront aussi vos principaux portfolios qui vous apporteront visibilité et pourquoi pas projets si vous savez les valoriser. Vous serez mis en compétition avec d’autres graphistes et influenceurs sur ces réseaux, mais vous aurez aussi l’outil parfait pour montrer votre patte, pour vous démarquez des autres.

 

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