Bruno Gelsomino

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LE 27 Sep 2017

Freelance style

Free as a bird : l’interview de Jonathan Guérin

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Free as a bird : l’interview de Jonathan Guérin
Free as a bird : l’interview de Jonathan Guérin

Nous avons eu le plaisir d’interviewer Jonathan Guérin, graphiste freelance qui nous en dit plus sur son métier et l’évolution du freelancing en France

Parmi les métiers les plus représentés dans le monde du freelancing, celui de graphiste figure en très bonne place. Si l’irrégularité des besoins des entreprises et la variété grandissante des contenus à produire peuvent expliquer l’externalisation de ce métier, qui de mieux qu’un graphiste indépendant chevronné pour nous dresser un état des lieux et nous expliquer ses aspirations ? Nous avons interrogé Jonathan Guérin, freelance Directeur Artistique et utilisateur XXE qui du haut de ses 10 années d’expérience en graphisme / webmarketing & webdesign, nous livre sa vision de la profession.

 

Peux-tu nous présenter ton parcours et les raisons qui t’ont poussé à choisir le statut d’indépendant ?

Je suis graphiste webdesigner depuis 10 ans, j’ai bifurqué vers ce métier à 30 ans après des études de… psy ! J’ai décidé ce changement de vie par passion, pour donner du sens à mon travail au-delà de l’aspect pécuniaire. Je suis un autodidacte, c’est en travaillant bénévolement pour de nombreux projets (contributeur dans des journaux universitaires, création de logos et de supports de communications pour des associations, illustrations…) que j’ai appris le métier de graphiste. J’ai ensuite suivi une formation professionnelle qui m’a permis dans un premier temps de travailler en intérim pour des agences, créer un portfolio et développer un réseau pour ensuite décrocher un poste fixe en CDD puis CDI. Mais j’ai tout de suite opté pour le statut auto entrepreneur en 2010 lors de sa création.

 

En quoi le statut de freelance est-il un avantage pour exercer le métier de graphiste ?

Lorsque j’ai travaillé en agence, c’était le plus souvent dans de petites structures où il m’était demandé de faire plusieurs métiers à la fois. Si cela est formateur, cela implique une surcharge de travail, des tâches pénibles peu gratifiantes et de nombreuses heures supplémentaires non valorisées. Le freelancing a donc pris le pas sur l’agence : c’est une bulle d’air dans laquelle on se gère soit même. On dispose d’une vision globale en gérant le projet de A à Z ce qui génère responsabilité et moins de frustration créative, tout en ayant plus de temps pour faire de la veille. Etre indépendant permet de voir différemment et plus loin que la vision agence. Je suis basé à Nantes où j’ai développé mon réseau de clients et sans le statut de freelance je pense que j’aurais eu du mal à y faire carrière : il y est difficile de trouver un poste fixe, surtout pour les juniors, et la forte demande tire les salaires vers le bas.

 

Quels conseils avez-vous à donner à ceux qui souhaitent se lancer dans le freelancing ?

Votre personnalité est importante : travailler à son compte requiert autonomie et rigueur. Il faut également de la polyvalence : un freelance est à la fois un commercial, un technicien, un comptable… En revanche c’est une erreur de penser que le freelancing isole : il existe de nombreuses communautés et nous échangeons beaucoup entre freelances. J’ai d’ailleurs créé deux sites web (freeq.fr et tooli.fr) qui référencent des liens pour aider les indépendants à trouver des missions, se former, faire de la veille ou encore trouver des outils. Pour développer son réseau, les espaces de coworking sont des formidables lieux de rencontres et d’entraides.

Quelles difficultés rencontrez-vous en tant que freelance ?

Le statut de freelance contient sa part de risque : rémunération fluctuante, peu de visibilité à moyens termes, difficultés à dialoguer avec les banques… Pour compléter mes revenus, je travaille occasionnellement en agence, ce qui me permet de casser le rythme, développer mon réseau, me tenir au courant des dernières tendances, le tout avec une rémunération intéressante. Je trouve d’ailleurs qu’il y a trop de stagiaires en agence, qui gagneraient plus en efficacité en passant par des freelances qualifiés.

 

L’été vient de se terminer : avez-vous pu prendre des vacances ?

Oui ! De manière générale, le freelance ne sait pas trop quand il part en vacances. Cela peut d’ailleurs poser des problèmes, la vie de couple pouvant en pâtir. Pour ma part je vise 1 mois dans l’année. C’est un élément que j’inclus dans ma facturation qui est calculée sur 11 mois pour pouvoir payer le 12ème. Il y a en effet une précarité à prendre en compte et il faut s’en prémunir : travailler 8 à 10h max par jour pour ne pas empiéter sur la vie privée, surfacturer le travail le weekend et en soirée.

 

Comment voyez-vous l’évolution du métier de graphiste à moyen terme ?

Les entreprises auront toujours besoin de graphistes en interne. En revanche, les TPE/PME/Start ups continueront à faire appel à des ressources externes, et utiliseront de plus en plus les places de marché. Une bulle commence d’ailleurs à se créer : dans le secteur ultra compétitif des graphistes, ces plateformes tirent les prix vers le bas en même temps que la qualité. Cette uberisation cache parfois un business model qui repose sur une exploitation consentie des frees. Cette situation est mauvaise pour le client et pour la sécurité financière de l’indépendant, qui souvent ne peut pas s’en sortir à cause de charges trop élevées. Or notre savoir-faire ultra qualifié a un coût, c’est pour cela que je préfère travailler en direct avec le client. XXE est une bonne nouvelle pour les graphistes qui disposent désormais d’une plateforme gratuite qui ne prend pas de commission.

 

Découvrez le profil de Jonathan :

https://www.xxe.fr/freelance/jonathan-guerin_04ba4393-13e4-4c81-91f3-a9cc46f18d28

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