Audrey Liberge

Audrey Liberge

Lecture de 6 min

LE 22 Juin 2018

L'entreprise étendue

Interview de Lionel Clément : quand le collaboratif redynamise l’entreprise !

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Interview de Lionel Clément : quand le collaboratif redynamise l’entreprise !
Interview de Lionel Clément : quand le collaboratif redynamise l’entreprise !

Alors que nous faisions notre veille quotidienne des réseaux sociaux, nous sommes tombés sur le témoignage de Lionel Clément, CEO de l’agence grenobloise Adopte Ta Com, qui décrivait l’installation de son équipe dans un espace de coworking et tous ses bienfaits. Comme nous sommes très curieux sur les nouvelles méthodes de travail, nous avons bien sûr voulu en savoir plus. Nous nous sommes donc entretenus avec Lionel Clément, heureux chef d’entreprise de cette agence en plein développement qui a laissé son bureau et sa casquette de patron au placard pour embrasser les joies du coworking et du management collaboratif. Et il a par contre sorti du placard ses prestataires indépendants et agences pour les présenter aux clients afin de rentrer dans une réelle démarche de partenariat gagnant-gagnant. Une agence qui a définitivement un temps d’avance sur les autres avec sa démarche proactive et agile !

 

XXE : Quel est votre parcours ?

 

 Lionel Clément : j’ai un parcours assez atypique : rien ne me destinait à créer une agence. J’ai fait des études classiques de lettres, qui m’ont tout de suite sensibilisé au sens des mots et au pouvoir du storytelling. J’ai débuté ensuite une carrière dans un magasin, puis dans un cinéma et une librairie. Mais ma passion pour les mots et pour le digital qui se développait à vitesse grand V m’a rattrapé : c’est pourquoi j’ai décidé il y a quelques années de travailler en tant que freelance dans le numérique avec ma société storytelling.fr. Je proposais des prestations digitales avec une empreinte storytelling forte. Cette activité a très bien marché, et j’ai donc décidé d’embaucher par la suite.

 

L’agence Adopte Ta Com est donc une continuité de cette activité de freelance. Alors qu’on était que deux au début de l’année, on est maintenant 6 salariés et on a multiplié par cinq notre CA.

 

La plupart des jeunes pousses commencent en espace de coworking pour évoluer ensuite dans des bureaux. Vous avez choisi il y a quelques semaines à l’inverse de quitter votre bureau pour le coworking. Pourquoi ?

 

Quand j’ai démarré mon activité, je travaillais dans un espace de coworking et j’en étais très satisfait. Mais j’ai fait la bêtise de l’évolution vers les bureaux traditionnels. Comme tout patron d’entreprise, je pensais qu’un bureau ça positionne, ça rassure. On a été dans des bureaux pendant deux ans, mais on s’ennuyait : on était moins créatif, l’ambiance n’était plus aussi forte…la routine a pris le dessus et on tournait en rond !

 

C’est pourquoi nous avons choisi de retourner en coworking. Pour être à nouveau en contact avec cette émulation intellectuelle. Pour être agile, partager avec les autres. Et le résultat est là : nous sommes beaucoup plus productifs en coworking que dans notre bureau. Nous avons complètement changé de dynamique et nous sommes à présent une entreprise libérée sur un espace collaboratif, et nous favorisons le télétravail auprès de nos collaborateurs.

 

Vous avez également opté pour un management collaboratif ?

 

Tout est basé sur un rapport de confiance, pas de structure pyramidale : j’ai l’impression de redevenir freelance avec mes collaborateurs partenaires. Ce qui fait la différence en tant que chef d’entreprise c’est de renoncer au pouvoir en adoptant un schéma collaboratif sans hiérarchie. Ainsi on efface la pression que l’on met sur soi et sur les autres.

 

Travaillez-vous avec des prestataires freelances ?

 

Oui, nous travaillons en toute transparence avec des agences et des freelances. En toute transparence veut dire que ce ne sont pas des prestataires, mais de véritables partenaires. Nous créons un rapport équitable avec les entreprises et indépendants avec lesquelles nous travaillons en termes de rémunération (à 50/50) et d’échange. Ils sont présents en clientèle et sont présentées sous le nom de leur société et non en marque blanche.

 

Beaucoup d’agences essayent de cacher à leurs clients le fait qu’ils fassent appel à des experts externes et prennent beaucoup de marges sur chaque prestation. Mais nous préférons avoir une relation gagnant-gagnant et être transparent dans notre relation avec nos clients en leur annonçant que nous faisons appel à telle ou telle expertise externe.

 

En effet, vu notre effectif, nous ne sommes pas une agence qui sait tout faire : on est experts sur la création de contenu et l’animation des réseaux sociaux. Pour les créations graphiques et autres productions, nous pouvons accompagner nos clients sans problème car notre réseau de freelances est très expérimenté et peut les aider sur leur projet. Grâce à cette démarche, nous gagnons en crédibilité et en confiance avec à la fois nos clients et nos prestataires.

 

Quels conseils de storytelling pouvez-vous donner à des freelances ?

 

Les gens n’ont pas besoin qu’on leur raconte les histoires, ils se les racontent déjà eux- mêmes !

 

Les freelances ne doivent pas avoir peur de mettre en avant leur histoire et leur personnalité pour se différencier des autres ? Il ne faut pas capitaliser sur ses compétences et se dévaloriser, ce qui fait la différence c’est le relationnel et la créativité !

 

Les indépendants doivent aussi être plus présents sur les réseaux sociaux. C’est une vraie stratégie de social selling pour attirer des clients et les fidéliser en parlant de votre passion et de la vision de votre métier.

 

Enfin, quelle est votre vision du développement du freelancing en France ?

 

J’ai une vision assez nuancée : il y a de plus en plus de personnes qui veulent monter leur boite, c’est très bien. Mais certaines entreprises et grands comptes embauchent des auto-entrepreneurs et freelances pour ne pas les payer le prix d’un employé et font ainsi du salariat déguisé. On veut donc exploiter le travail indépendant.

 

Il ne faut pas forcer les gens à entreprendre. C’est pourquoi il faut éduquer les entreprises à ne pas profiter de ses talents et assouplir le régime de l’indépendant pour le rendre plus attractif.

 

Merci Lionel pour ce témoignage !

 

 

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