Audrey Liberge

Audrey Liberge

Lecture de 5 min

LE 07 Nov 2017

Freelance style

Interview Räv Digital : un collectif de freelances pour plus de complémentarité !

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Interview Räv Digital : un collectif de freelances pour plus de complémentarité !
Interview Räv Digital : un collectif de freelances pour plus de complémentarité !

Le freelancing est souvent apparenté à un plaisir solitaire. Mais de plus en plus de freelances choisissent de se réunir en collectif pour unir leurs forces et proposer plus d’expertises à leurs clients. Nous avons eu le plaisir de rencontrer le collectif Räv Digital composé d’Iris et Sylvain qui nous en disent plus sur leurs parcours et leur philosophie !

Le freelancing est souvent apparenté à un plaisir solitaire (pardon). Mais de plus en plus de freelances choisissent de se réunir en collectif pour unir leurs forces et proposer plus d’expertises à leurs clients. Nous avons eu le plaisir de rencontrer le collectif Räv Digital composé d’Iris et Sylvain qui nous en disent plus sur leurs parcours et leur philosophie !

 

Quel est votre parcours et pourquoi avoir choisi d’être freelance ?

Sylvain : Oula, j’ai eu un parcours plutôt chaotique ! J’ai fait une licence de physique, puis un Master Sciences Politiques pour enfin me tourner vers l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). J’ai notamment travaillé pour le Groupe SOS où j’ai rencontré Iris.

Je me suis formé en parallèle aux métiers du web, de manière complètement autodidacte, pour ensuite me spécialiser en UX/UI design et en développement.

J’ai commencé à chercher du travail conventionnellement on va dire, et après je me suis dit : pourquoi pas trouver des choses à faire tout seul ? C’est comme ça que je me suis lancé ! Et puis aussi pour court-circuiter le circuit professionnel normé on va pas se mentir !
J’ai commencé par chercher un emploi de manière classique (CDD, CDI, etc.), et au bout d’un moment, je me suis dit “pourquoi ne pas faire les choses autrement ?”. C’est en  répondant à un appel d’offre que j’ai créé mon activité ; c’est comme ça que je me suis lancé !

 

Iris : Je crois que je te bats pour le parcours chaotique ! J’ai commencé une licence de psychologie que j’ai arrêtée en cours de route, puis un BTS Édition, et de graphisme suivi d’une licence et d’un master de bibliothécaire. Lors de mes premiers postes, j’ai été vite démotivée par mon métier de bibliothécaire ; j’avais l’impression d’être déjà en bout de course alors que je n’étais qu’au début de ma carrière ! J’en ai vraiment pris conscience en réalisant que j’étais plus motivée pour aller faire du bénévolat dans une librairie solidaire plutôt que dans mon poste !

A ce moment-là, j’ai décidé de faire un bilan de compétences. Je me suis alors ré-orientée vers la communication digitale et l’ESS. J’ai donc fait une école de commerce en alternance, où j’ai découvert ce que c’était de travailler en mode projet. J’ai fait mon alternance au Groupe SOS où j’ai rencontré Sylvain !

En parallèle j’ai été bénévole chez Job for Change, dont la fondatrice était freelance. Elle a été une vraie inspiration et a guidé mes débuts. C’est grâce à elle que j’en suis là !

 

 

Quels avantages et quels inconvénients au travail en freelance ?

Iris : Pour moi les principaux avantages sont la flexibilité et la liberté de choix. Le rapport avec le client est également différent. Le client vient vers toi parce qu’il en demande d’expertise,  ce qui est à mon sens plus sain et plus pédagogique. On est vraiment là pour accompagner, travailler en synergie, et les clients sont à l’écoute très ouverts aux suggestions.

 

Sylvain : Oui, je suis d’accord avec Iris. Pour ce qui est des inconvénients, je dirais la peur de finir isolé, et il faut aussi imposer une auto-discipline concernant les horaires, la prospection, l’administratif… qui est plus difficile à acquérir que dans les jobs normaux. En gros, si tu ne te bouges pas, tu ne pourras pas trouver de clients ! Ppersonne ne le fera à ta place !

 

Iris : Oui, il faut apprendre à s’organiser, à ne pas se disperser dans tous les sens. Une autre difficulté est le fait d’avoir du mal à faire la distinction pro/perso. Il m’est arrivé de travailler le weekend ou de répondre à des mails à 23h alors que je sais que je devrais décrocher. Il faut vraiment arriver à lâcher prise sur son activité et à s’accorder des moments de pause pour mieux repartir !

 

 

Pourquoi travailler en collectif ?

Sylvain : On a formé le collectif Räv Digital pour formaliser les bonnes pratiques et avoir plus de visibilité et de légitimité. On va dire qu’à deux, tu as plus de poids, plus de largeur d’épaules. Nous avons également deux graphistes et trois illustrateurs qui travaillent souvent avec nous.

 

Iris : Cela permet aussi de se sentir moins seul ! A deux cerveaux, on est complémentaires et on se valide mutuellement nos travaux, nos idées… ça stimule vraiment la créativité !

 

 

Que pensez-vous de la situation des freelances aujourd’hui ?

 

Sylvain : Il y a beaucoup de structures qui émergent et qui t’aident à gérer tes problèmes. De nombreux groupes d’entraide de freelances se développent aussi, pour te conseiller sur les côtés administratifs et légaux.

 

Iris : Oui, en général il y a une bienveillance générale entre freelances. On peut avoir l’impression en regardant certaines plateformes d’indépendants qu’ils sont tous en concurrence et que ça tire les prix vers le bas. Mais en vrai, les freelances sont pas mal dans l’entraide ! De toute façon, tu ne peux pas trouver deux graphistes qui font exactement la même chose, on a tous des cerveaux différents. L’idée est de ne pas prendre le moins cher où le plus créatif, mais de trouver la personne parfaite pour ce projet.

Mais bon côté entreprise, on a encore une évolution à faire au niveau du management et des salariés, pour que les freelances soient vraiment intégrés dans l’entreprise étendue comme vous l’appelez ! On voit souvent l’indépendant comme un artiste, un peu antisystème, incapable de se plier à une autorité. Je préfère même dire que je suis indépendante plutôt que freelance. Ce nouveau vocabulaire très “french tech” et anglo-normé peut faire peur aux générations décisionnaires, plus âgées. L’idée est toujours de rester dans l’échange, et de ne pas utiliser un jargon digital trop poussé ou un comportement trop décalé dans nos missions pour ne pas attiser la méfiance envers le freelance !

 

 

Et à votre avis, quel futur pour les freelances ?

Sylvain : Je pense qu’on ira vers des missions de plus en plus courtes, car les entreprises auront des besoins d’expertises ponctuelles. Qu’on le veuille ou non, le travail va s’ubériser, c’est une tendance. On est en transition, tout reste à construire !

 

Iris : Je pense qu’on ira vers une sorte de statut “d’intermittent du travail numérique”, pour une vie de freelance plus équilibrée et une meilleure protection sociale !

 

Merci à vous deux !

 

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