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Interview Sebastien Bourguignon
Le 23 novembre 2017
Par aliberge@inops.fr
L'entreprise étendue
6min 29
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Interview de Sebastien Bourguignon : un changement de paradigme en matière de mutation du travail et de transformation digitale des entreprises !

Quand on suit l’actualité de la transformation digitale des entreprises, il y a surtout un influenceur à suivre : Sébastien Bourguignon. Ce consultant en digital tweete et blogue plus vite que son ombre sur cette thématique et bien d’autres depuis plusieurs années maintenant. Mais comment voit-il le futur de la digitalisation et la montée de l’entrepreneuriat et du freelancing ? Entretien avec un expert du digital qui a beaucoup à nous apprendre.

 

Bonjour Sébastien et merci pour le temps accordé ! Quel est ton parcours ?

 

J’ai un background de plus de 15 ans dans les métiers de l’IT. J’ai commencé comme développeur pendant plusieurs années, puis chef de projet au sein d’une DSI chez un assureur avant de prendre la responsabilité du pôle digital et CRM et enfin celle du domaine développements logiciels. Je me suis ensuite tourné vers le sujet brulant de la transformation digitale de l’entreprise en conseil, notamment chez OCTO Technology où je suis actuellement. J’ai toujours eu une forte appétence pour l’entrepreneuriat, je suis donc retourné à la fac, à Paris Dauphine, pour passer un Master en Management des Entreprises. Pendant ce temps, j’ai lancé mon blog et j’ai commencé à rédiger des articles sur la transformation digitale des entreprises. C’est à ce moment-là que j’ai eu l’idée d’aller à la rencontre des startupers qui n’avaient pas peur de casser les codes et qui faisaient peur aux mastodontes du CAC 40 forcés de faire leur transition pour s’adapter.

L’aventure #PortraitDeStartuper était né. En presque 3 ans, j’ai interviewé plus de 280 dirigeants de startups et de nombreux experts dans deux livre blancs, la saison 1 en 2015 et une saison 2 en 2017. Un livre de ces portraits est également sorti en début d’année aux éditions Maxima.   

 

 

D’après ton expérience, les entreprises sont-elles en retard sur leur transformation digitale ?

 

J’ai eu plusieurs clients, notamment dans la banque et l’assurance. Il y a beaucoup d’efforts et d’investissements faits pour se transformer digitalement, c’est incontestable. Mais certains plans de transformation peinent à être mis en œuvre car ces grandes entreprises sont très réglementées, et ont du coup de nombreux processus laborieux parfois contreproductif à l’ère du numérique.

 

Il faut dans ces organisations accepter de prendre des risques et gagner en agilité. De nombreuses entreprises souhaitent devenir agiles mais ne savent pas comment s’y prendre. Il y a des outils qui se mettent en place, mais pas forcément de changement de culture ou de vrais accompagnements ou formations. Et malheureusement, ce n’est pas en faisant mine d’être créatif et en collant des post-it sur les murs qu’on transforme la vie des collaborateurs !

 

Il y a bien sûr une résistance aux changements de la part de ces collaborateurs, qui s’accentuent suivant les métiers et les secteurs. Dans ces grands groupes, il y a deux catégories de salariés : les dynamiques qui acceptent les transformations digitales et qui veulent bien y participer et les carriéristes fidèles qui montrent peu de motivation au changement. Le challenge est d’arriver à motiver même les plus réfractaires dans une dynamique de groupe. Et pour cela, les entreprises ont aussi besoin d’embaucher des jeunes talents pour dynamiser le changement, ce qu’ils peinent à faire aussi car ils n’arrivent à pas les attirer.

 

Mais c’est pourquoi c’est passionnant pour des mordus du digital comme moi de travailler pour ces grands groupes, c’est difficile mais on n’a rien sans rien. Il faut arriver à casser les codes, changer les mentalités, faire bouger les choses. C’est plus dur, plus long, plus compliqué, c’est un vrai challenge professionnel. Et quand on y arrive, on est vraiment acteur d’une révolution !

 

Que penses-tu de la pénurie de compétences à laquelle doivent faire face les grands comptes et ESN ?  

 

C’est un vrai problème ! Les grandes boites ne font plus rêver certains profils, et celles-ci ne savent pas déterminer les bonnes compétences qui leur manquent pour rester compétitives. Les entreprises et PME ont gardé un processus de recrutement d’hier pour recruter les talents de demain. Elles ne caractérisent pas assez ce qu’elles attendent d’un profil développeur alors que les startups arrivent à motiver les jeunes et à parler aux développeurs

 

Pour un recrutement, certaines entreprises se disent digital en continuant de poster leurs annonces sur la page carrière de leur site internet corporate. Elles ne vont pas plus loin dans les nouvelles techniques de recrutement, et surtout dans la manière de vendre leur entreprise. D’ailleurs, les fiches de poste sont souvent basées sur des référentiels en total décalage avec le marché. Certains innovent en marketing pour les RH avec des vidéos décalées, des fiches plus travaillées qui laissent transpirer la culture de l’entreprise. Mais ils sont encore trop peu nombreux. Il faut faire des efforts pour que les personnes que vous embauchez aient envie de travailler avec vous.

 

Et du développement du freelancing en France ?

 

On assiste à une révolution du travail tout simplement. Du télétravail au flexoffice, tout cela nous permet d’être plus flexibles, plus agiles, que ce soit en entreprise ou en solo.

 

Il y a un changement de paradigme en cours, les gens cherchent à s’émanciper du système et des carcans et à vouloir s’organiser comme ils en ont envie, sans contraintes.

 

Mais pour que cela marche et que la relation client / freelance soit optimale, il faut structurer tout cela : d’où un rôle intéressant que l’on voit émerger du Chief Freelance Officer. Il faut qu’il y ait des personnes dédiées à la recherche de ces freelances comme pour les salariés, et qu’ils soient garants de l’intégration de ces ressources externes qui peuvent apporter beaucoup à l’entreprise en termes d’ouverture d’esprit, d’expertise et d’innovation. Et puis il faut animer ces nouvelles communautés de professionnels pour les fidéliser et leur proposer des missions variées et en lien avec leurs expertises.

 

Les entreprises de leur côté ont fait des efforts pour rendre leurs bureaux plus collaboratifs, avec des plateaux aménagés pour travailler en commun ou en petit groupe. Et pour le coup, dans les secteurs que je connais bien de la banque et de l’assurance, nombreuses sont les structures à avoir révisé leurs espaces de travail. L’organisation en équipes réduite, ce que vous appelez des pizzas teams, est une belle image pour présenter le concept, mais c’est pour moi un épiphénomène dans la problématique de transformation digitale des entreprises. Ces équipes pour se développer doivent être aussi structurées pour être agiles. Les entreprises qui souhaitent se lancer sur cette voie doivent accepter de revoir les objectifs et les budgets tout en assurant aux équipes autonomie et responsabilité dans sa gestion et sa gouvernance, sans quoi il n’y a aucun gain à espérer.

 

D’après toi, de quoi sera fait le futur de l’uberisation, la post uberisation ?

 

Pour moi la post uberisation c’est la blockchain : elle va amener une capacité à s’auto-organiser sans l’aide de tiers grâce à des modes de fonctionnement nouveaux et libres. Les freelances pourront rentrer directement en contact avec les entreprises, facturer rapidement et simplement sans l’aide d’une plateforme d’intermédiation et sans payer de commissions.

 

Merci Sebastien !  

 

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