Audrey Liberge

Audrey Liberge

Lecture de 5 min

LE 14 Sep 2017

Freelance style

Interview de Jonathan Path : un freelance au service des freelances !

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Interview de Jonathan Path : un freelance au service des freelances !
Interview de Jonathan Path : un freelance au service des freelances !

Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Jonathan Path, indépendant depuis des années qui a lancé son blog FreelanceBoost pour partager son expérience et ses erreurs sans langue de bois

Nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Jonathan Path, indépendant depuis des années qui a lancé son blog FreelanceBoost pour partager son expérience. Après avoir évolué dans son activité de designer UX/UI, il s’apprête à se spécialiser dans le conseil et l’accompagnement des freelances en herbe ou en devenir. Le choix du freelancing, ce fut le meilleur qu’il ait fait dans sa vie. Mais il est aussi synonyme de galère si on ne sait pas vraiment comment développer son activité. Des obstacles et erreurs qu’il a connu et surmonté et qu’il nous partage bien volontiers !

 

XXE : Quel est votre parcours ?

 

J’avais avant un poste en CDI dans une startup. C’était intéressant mais je savais déjà au fond de moi que je voulais devenir indépendant. Pour être libre de mon temps, de mes choix, et monter ma propre structure.

 

Je me suis ainsi lancé il y a 6 ans dans le freelancing sans réelle préparation. Et la première année a fait très mal ! J’ai posé ma démission, donc je n’avais pas droit au chômage. Le temps de trouver des clients, je n’avais pas beaucoup de rentrée d’argent. Rajouter en plus de cela mon mariage à financer… C’était très dur !

Du coup j’acceptais au début n’importe quelles missions pour faire rentrer du cash, même celles qui ne correspondaient pas forcément à mon poste d’intégrateur HTML et UX/UI designer.

Mais au fil du temps, j’ai pu gagner en expérience, en confiance… J’ai rebondi rapidement et j’ai pu me constituer un portefeuille client !

 

Vous avez donc décidé de lancer un blog pour conseiller les freelances ?

Oui ! J’ai fait toutes les erreurs possibles au début, du coup j’ai voulu partager mon expérience dans mon blog Freelance Boost pour que les autres free ne répètent pas mes erreurs !

Mais l’idée est aussi de les démystifier : au début de notre activité, on fait toujours des erreurs. Elles peuvent être difficiles à surmonter mais on apprend très vite de ses erreurs. L’important est de se relever et de continuer à avancer.

 

Quelles ont été vos plus grosses erreurs ? Et comment vous avez rebondi ?

Par exemple, au début je ne disais jamais non et j’acceptais des missions trop techniques qui m’ont fait perdre du temps et de l’argent. J’ai appris à me recentrer sur mes points forts, en me concentrant sur le design et l’intégration adaptée aux startups. Je me suis spécialisée sur cette cible, et j’ai du coup renouveler 80% de ma clientèle.

 

Je suis tout de suite devenu plus rentable et plus qualitatif en étant sélectif dans mes projets. Refuser une mission peut faire peur, surtout au début, mais vous vous sauvegardez du temps pour faire ce que vous voulez vraiment. Et la mission idéale tombe toujours à point nommée quand on sait être disponible et où aller la chercher.

 

Autre erreur courante : baisser ses tarifs pour une mission. Je parle beaucoup d’argent sur mon blog car les freelances n’osent souvent pas parler de tarif. Ils ont du mal à justifier leur TJM. Mais le tarif d’un freelance justifie son expérience, sa spécialité, et aussi son sérieux.

 

Quels autres conseils pouvez-vous donner aux freelances pour sécuriser leur activité ?

Il faut absolument être carré au niveau administratif, même avec des proches. Faire des contrats systématiquement, pour ne pas se faire piéger avec les retards de paiement ou les missions avortées à la dernière minute. Il faut très vite s’entourer d’un comptable et d’un avocat en cas de litige. Pensez à prendre une RC Professionnelle pour être couvert. Ce sont des investissements essentiels pour sécuriser son activité. Il faut prendre conscience qu’on représente une entreprise, qu’on est plus juste un petit freelance qui bidouille. Le sérieux de votre activité reflétera la qualité et l’organisation de vos prestations, mais aussi accordera plus de confiance à vos futurs clients.

 

Pour être tranquille, il faut avoir si possible 6 mois d’avance sur votre trésorerie et pouvoir anticiper les impôts qui peuvent tomber pendant vos intermissions, et qui peuvent faire très mal si vous n’avez pas assez de côté !

Ne pas signer de trop gros de devis en début de carrière sans prévoir le dépassement d’honoraire et l’impact que cela peut avoir sur ta vie personnelle.

En bref, il faut trouver un juste milieu pour avoir un bon rapport qualité/prix dans sa vie pro et ne pas trop déborder sur le perso !

 

Un autre aspect qu’il faut prendre en compte, c’est oser et apprendre à se vendre. Comme évoqué, les indépendants ont du mal à parler tarification. Mais ils sont généralement aussi peu à l’aise pour se mettre en avant, pour affirmer leurs expertises et leurs choix. Il faut savoir mettre en valeur sa personne et ses compétences, pour pouvoir être repéré et trouver des clients plus facilement. La présence sur les réseaux sociaux est évidemment importante pour se faire un nom, se positionner en tant qu’expert sur un sujet. Il ne faut pas hésiter à sortir aussi, rencontrer du monde pour échanger avec la communauté et de nombreux acteurs qui peuvent aider au développement de son activité.

 

Quels sont vos projets pour la suite ?

J’ai décidé de me concentrer sur le développement de la partie conseil pour indépendants. Continuer à rédiger sur mon blog bien sûr, mais aussi faire de plus en plus de formations, de coaching en one to one. Devenir un freelance au service des freelances en somme !

 

Comment voyez-vous la révolution freelancing en cours ?

Il y a de plus en plus de freelances et beaucoup le sont par choix et non par obligation, c’est une bonne nouvelle ! Je veux me battre pour le droit des freelances. Les défendre et les accompagner pour se rendre compte de la valeur de leur travail. Il faut apporter du sens à la société et pas seulement être là pour se faire de l’argent en tant que freelance pour faire avancer ton activité et la manière dont les autres te perçoive. Si tu as un bon esprit entrepreneurial, il y a aura de la place pour tout le monde. Les freelances que l’on rencontre ne sont pas des concurrents mais des partenaires. Une entraide naturelle se met en place aujourd’hui, et c’est cette dynamique qui est intéressante pour les années à venir.

 

De plus, un écosystème d’acteurs et d’entreprises se crée autour de cette révolution qui va aider les freelances. Bien que l’on compare souvent le freelancing à la solitude, ils ne sont définitivement plus seuls !

 

Comme je le disais, devenir freelance a été le meilleur choix de ma vie. Mais il faut mettre les bons ingrédients pour que ce soit une belle aventure, et dépasser cette logique de survie. C’est alors qu’on prend vraiment plaisir et qu’on apprend !

 

Merci Jonathan !

Audrey Liberge

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