Audrey Liberge

Audrey Liberge

Lecture de 5 min

LE 20 Fév 2019

les experts métiers

Les Progressive Web Apps : mirage ou eldorado ?

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Les Progressive Web Apps : mirage ou eldorado ?
Les Progressive Web Apps : mirage ou eldorado ?

Pour beaucoup, la communauté des applications mobiles a subi un hold-up, puisqu’elle se résume essentiellement à deux plateformes : Android et iOS. Ces dernières forment un duopole puissant, évacuant de facto toute concurrence. Mais pour certains aussi, 2019 signera la menace la plus sérieuse pour ce club très fermé. Le petit monde du développement mobile est fin prêt à s’approprier les Progressive Web Apps, qu’Alex Russel, illustre développeur de Google Chrome, qualifie de « sites web ayant ingéré les bonnes vitamines ». Une progressive web app (PWA, est une application web qui consiste en des pages ou des sites web, et qui peuvent apparaître à l’utilisateur de la même manière que les applications natives ou les applications mobiles.

Alors, les PWA, mirage ou eldorado ?
 

Pousser plus loin l’idée de la web app classique

Balayons dès le départ l’idée d’une révolution technologique : les PWA ne sont qu’un ensemble d’améliorations pratiques apportées à une application web pour la doter d’atouts fonctionnels comme l’accessibilité hors-connexion, les notifications « push » et l’accès au hardware que l’on retrouve généralement sur les applications mobiles natives. Les PWA poussent donc plus loin l’idée de la web app, puisqu’elles peuvent solliciter la caméra, les Beacons (balises de géolocalisation) ou encore le Géofencing (enregistrement des objets connectés dans une zone géographique préalablement sélectionnée). Le besoin en PWA s’explique par plusieurs critères intimement liés à la dépendance des web apps… au web !

  • Nous avons, d’un côté, les applications natives, rapides et fiables même lorsque la connexion est lente ou inexistante. De l’autre, nous avons les sites web et les applications web dont les performances suivent logiquement les conditions de connexion ;
  • Pour contrer la problématique des performances des sites web et des applications web classiques en cas de connexion lente, Google a lancé le projet Accelerated Mobile Pages (AMP) en 2016, avec un succès modéré, sans toutefois résoudre la question de l’accessibilité offline.

Contourner Google Play et l’Apple Store, rendre les applications indexables et « parcourables » par les robots des moteurs de recherche, possibilité de booster leur référencement, inclusion des notifications Push… les avantages à la fois pour l’expérience utilisateur et la rentabilité économique sont intéressants.

Les enjeux sont aussi économiques : la PWA optimise le coût de revient…

…et dope les marges des entreprises. Voici un exemple concret qui explique à bien des égards l’appétence des firmes Tech pour les progressive web apps en tant que solution au casse-tête de la pluralité des technologies de développement mobile :

  • L’entreprise Alpha dispose d’un site web et d’applications mobiles iOS et Android. Le premier doit être fonctionnel sur desktop, mobile et tablette. En interne, l’entreprise Alpha doit mobiliser une équipe iOS (Swift), Android (Java) et web (HTML, CSS, JavaScript, etc.).
  • L’entreprise Bêta opte plutôt pour une Progressive Web App, sur une plateforme « app-like », réactive, installable et indépendante de la connectivité (à une certaine mesure, puisque les nouveaux contenus publiés ne seront pas visibles sans connexion). L’équipe de développement est homogène car le codage est indépendant de la plateforme.

In fine, les deux entreprises présenteront des applications comparables, mais le développement et la maintenance seront à la fois plus aisés et moins coûteux pour l’entreprise Bêta, tout en proposant un contenu sécurisé et cohérent, puisqu’il n’y aura qu’un seul point de consultation.
 

Pourquoi 2019 promet d’être décisive pour le déploiement des PWA

Une fois que l’on a dit ça, il faut rappeler les limites des PWA qui ne sont finalement pas forcément des concurrentes directes des applications natives :

  • Elles ne permettent pas de profiter de l’énorme trafic généré par les app stores ;
  • Elles sont énergivores, puisqu’elles fonctionnent selon un code complexe ;
  • Elles ne peuvent pas tirer profit de certaines fonctionnalités comme le NFC (Near-field communication), le Bluetooth, la liste des contacts… ce qui réduit les possibilités d’ultra-personnalisation que l’on retrouve sur les applications natives.

Maintenant, rappelons que tous les feux sont au vert pour les PWA. Microsoft et Google les ont massivement soutenues en 2018, et le verbatim est on ne peut plus explicite, puisque Google évoque « l’avenir du développement des applications mobiles ». De son côté, Apple a (finalement) accepté les PWA. Elles sont désormais fonctionnelles sur Safari (11.1 avec l’API Beacon, Service Workers, Web App Manifest, etc.). Enfin, deux success-stories plaident en la faveur d’un déploiement massif et imminent des PWA :

  • Les utilisateurs de la PWA de Pinterest passent 40% de temps en plus sur le réseau social comparativement à l’ancienne version classique de la web app. Les revenus publicitaires ont également progressé de 44% et le taux d’engagement de 60% ;
  • Le détaillant en ligne Luxmart a doublé son taux de conversion mobile, passant de 0,6% à 1,24% en basculant sur une PWA !

Enfin, Twitter a récemment lancé la version mobile de son site web en avec une PWA. Résultat, de meilleurs résultats qu’avec l’application mobile :

  • Twitter Lite a permis d’augmenter de 65% le nombre de pages par session
  • Le nombre de Tweets envoyés s’est vu amélioré de 75%
  • Le taux de rebond a, quant à lui, diminué de 20%.

Toute l’analyse de la PWA Twitter ici par Lise Deverne : https://progressive-web-apps.fr/progressive-web-app-twitter-lite

Les grands pure players n’hésitent donc plus pour lancer leurs services en PWA. Est-ce qu’à termes elles remplaceront les applications mobiles bien souvent fastidieuses à développer en side project et délaissées ou supprimées par manque de place par les utilisateurs ?

Pour aller plus loin

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