Frank Chabert

Frank Chabert

Lecture de 5 min

LE 18 Juil 2017

L'entreprise étendue

Quand les banques du CAC40 se convertissent aux pizza teams

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Quand les banques du CAC40 se convertissent aux  pizza teams
Quand les banques du CAC40 se convertissent aux  pizza teams

La révolution « disruptive » est en marche du côté des grandes banques. Disrupter les modes de travail traditionnels, pour produire des services innovants en mode agile : c’est l’objectif des pizza teams mises en place dans plusieurs entreprises du CAC40. Mais comment fonctionnent-elles ?

La révolution « disruptive » est en marche du côté des grandes banques. Disrupter les modes de travail traditionnels, pour produire des services innovants en mode agile : c’est l’objectif des pizza teams mises en place par BNP Paribas, BPCE, La Société Générale, … Mais comment fonctionnent-elles ? En quoi elles peuvent être une solution à toutes ces entreprises en quête d’innovation ?

 

Des entreprises traditionnelles en quête de disruption

 

Avec l’omni-puissance des GAFA et leur arrivée dans l’univers des services financiers ou du paiement, l’explosion des Fintech, des Assurtech & autres startups … la pression monte sur les « vieilles » banques. Comment disrupter leur modèle historique ? Elles sont soumises au fameux « dilemme de l’innovateur » théorisé par Clayton Christensen : difficile de lancer un service 100% disruptif qui sort totalement des cadres habituels de l’organisation, de la vision classique des attentes-clients actuels ou de l’architecture-produit qui structure l’offre,  … et qui est un saut dans un inconnu d’autant plus inconnu qu’il s’agit la plupart du temps d’inventer des nouveaux services 100% numériques.

 

Les grandes banques n’ont ni la témérité, ni l’agilité,  ni l’expertise technique des startups . Leurs process sont à mille lieux de cette culture lean « test & learn » issue de l’industrie tech et notamment des logiciels. Elles ont pu racheter des pure players comme Boursorama, Fortuneo & co … mais la culture de ces « digital natives » n’a pas migré vers le core business.

Et pourtant, … elles n’ont pas d’autres choix que de chausser des « bottes de sept lieux » pour combler leurs retards.

 

Pour s’adapter rapidement, la plupart d’entre elles ont créés leur incubateurs, comme le Village du Crédit Agricole ou Kamet d’Axa, mais trop souvent, ces initiatives restent en marge du cœur de l’organisation.

D’où la volonté de nombreuses banques de diffuser la culture de l’innovation disruptive plus largement, en démultipliant les équipes-projets transverses capables de produire un prototype, un MVP (minimum viable product) en mode agile, et de faire de la gestion de projet.

C’est l’objectif des « pizza teams ».

 

La pizza team pour partager le même esprit d’innovation 

 

Une pizza team, c’est une équipe que l’on peut nourrir avec deux formes de pizzas : entre 5 et 12 personnes. En deçà de 5, l’équipe manque de créativité et de diversité. Au-delà de 12, l’équipe n’est plus soudée, des luttes de pouvoir apparaissent, la performance de l’équipe décroît très rapidement avec le nombre de membres.

Cette règle de la Pizza Team prévaut chez Amazon, Google, Yahoo, et plus globalement dans l’industrie du logiciels. Dans le domaine des startups, Instagram, Dropbox ou Evernote  sont connues pour avoir maintenu le plus longtemps possible une équipe de développement très réduite.

 

Les exemples de pizza teams parmi les plus grandes entreprises 

 

BNP Paribas s’est fixée pour objectif de ré-inventer le wealth management et l’expérience-client pour son activité Banque Privée. Après avoir lancé un « Hackaton International » dans 10 villes en associant des Fintechs et des clients, elle a engagé ses collaborateurs à produire des MVP dans le cadre de  « pizza teams » qui ont vocation à produire des dizaines d’innovations industrialisables pour les plus prometteuses. Au total, plus de 200 personnes d’horizons différents ont contribué à inventer de nouvelles expériences digitales. C’est ainsi qu’est née « the leader’s connection », une plateforme permettant à des investisseurs de partager leurs points de vue sur des opportunités exclusives d’investissements privés, pour in fine favoriser des co-investissements et créer un nouveau type de relation entre la Banque et ses clients, sur un mode résolument collaboratif.

 

Autre exemple chez BPCE, qui a lancé en 2015 sa Data Factory pour gérer et analyser plus de 100 teraoctets de données. 7 équipes regroupant une centaine de collaborateurs ont été constituées pour prendre en charge de nombreux projets, avec le double objectif d’améliorer l’expérience-utilisateur et d’améliorer le time-to-market.

Ce nouveau mode de fonctionnement peut diviser par quatre les délais de livraison, grâce à la réutilisation de briques technologiques et en capitalisant sur l’expérience des équipes. « Désormais, nous fonctionnons par itérations, avec davantage de MVPs. Cela permet d’augmenter le volume de livraisons, mais surtout de gagner en qualité. On le constate avec une diminution significative du nombre d’anomalies passées en production », souligne Arnauld Castex.

 

Côté Société Générale, l’approche a aussi été testée. Par exemple pour améliorer l’expérience utilisateur sur le site client. Une expérimentation a été menée avec un consultant et HP qui a aussi permis de lancer un Centre de Compétences Big Data, appelé à travailler sur de nombreux projets data-driven.

 

Monter des pizzas teams pour adresser les nouveaux enjeux du Big Data, et transformer la Data en Or, en nouveaux services clients est une tendance à suivre non seulement dans la banque, mais dans tous les métiers de services et de distribution.

 

Et si on mangeait de la pizza avec des indépendants ? 

 

L’un des facteurs-clés de succès pour « disrupter » est de travailler avec des experts indépendants en plus des équipes internes, qui s’intégreront parfaitement dans vos pizza teams :

  • ils challengent les conventions internes, apportent avec eux des best practices issus d’autres entreprises auquel ils ont pu contribuer,
  • ils aident à la conception d’un MVP : cela demande de faire appel à des scrum master, des UX designer, des développeurs, … autant de compétences que l’entreprise a rarement en interne, ou en nombre insuffisant pour déployer à grande échelle et rapidement ce type de démarche.

 

Pour tous ces grands comptes, apprendre l’agilité et piloter la Disruption est donc un nouveau métier qui l’oblige à se rapprocher de nouveaux métiers du digital et de l’IT. Dans cette révolution du « reverse mentoring », ce sont les petites structures de conseil et de services qui apprennent aux grands comptes, parfois même les consultants indépendants et freelances « techniques » qui diffusent leur culture digitale  à l’équipe de salariés dans laquelle ils sont intégrés. Une plateforme comme XXE.fr qui connecte les entreprises avec les hyper-experts indépendants du numérique a donc de beaux jours devant elle.

 

 

Source :

http://www.usine-digitale.fr/article/les-pizza-teams-la-recette-de-la-banque-populaire-pour-gagner-en-agilite.N523164

 

 

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