Audrey Liberge

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Lecture de 4 min

LE 13 Fév 2019

L'entreprise étendue

La semaine de 4 jours en entreprise pour plus de performance ?

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La semaine de 4 jours en entreprise pour plus de performance ?
La semaine de 4 jours en entreprise pour plus de performance ?

La semaine de 4 jours ? Les entreprises françaises l’ont quasiment toutes « subie » en 2016 quand, magie du calendrier, les 1er et 8 mai sont tombés des lundis. C’est d’ailleurs ce qui a provoqué le déclic chez JPMBB (pour Je Porte Mon Bébé), une belle PME nichée à La Garde, dans le Var. Le patron, Olivier Sâles, braque les projecteurs sur ces deux semaines light pour évaluer l’impact d’une éventuelle baisse généralisée de 20% du temps de travail. Il convoque ses équipes, le mardi 9 mai, et fait sa petite enquête. Décryptage !
 

Quand le pont du 1er mai provoque le déclic !

Résultat des courses : oui, c’est un peu chaud les mardis, mais le week-end à 3 jours, c’est le pied ! L’idée prend forme dans cette boîte où l’idéologie du présentéisme n’a pas eu le temps de germer, et le top management prend sa décision : comme Basecamp, JPMBB fermera tous les vendredis de l’été, de mai à fin août, sans aucune ponction de salaire.

Pas d’angoisse, pas de ralentissement dans l’activité, pas de panique du côté des managers. Applicable une semaine sur deux pendant une courte période de test, la configuration quaternaire sera généralisée dans la foulée. Moralité de l’histoire : pas besoin de s’appeler Tim Ferris, Elon Musk ou Steve Jobs pour sortir des sentiers battus et oser une digression de la doxa du travail. JPMBB, c’est 11 ans de croissance continue. Chez JPMBB, ça bosse plus pendant l’été, mais ça ne bosse pas tard. On condense, entre 9h et 17h. On imagine que la perspective d’un long week-end se charge d’éliminer les temps morts où l’on cherche sa motivation. « Notre but n’est pas d’installer un baby-foot pour que les gens soient heureux au bureau : c’est de leur accorder le temps d’être heureux à l’extérieur ».  Belle punchline de Marion Trancoën, responsable communication de la boîte au micro de ladn.eu !
 

Tout dans la nuance, rien dans la caricature

Les 4-day-success-stories, il y en a de plus en plus, et pas seulement chez les vikings suédois et norvégiens, pionniers incontestés de la chose. Des contrées septentrionales de l’Amérique aux paradis turquoise de la Nouvelle-Zélande, les semaines de travail se condensent pour permettre aux salariés de mieux souffler, de prendre du recul, de gérer leurs projets perso, etc. Mais si la semaine quaternaire devient envisageable, c’est qu’elle est aussi économiquement viable. Oui, on est sur une augmentation virtuelle de salaire de l’ordre de 20%. Mais une entreprise qui travaille un jour de moins est une entreprise qui diminue d’autant certaines de ses charges. Il faut bien entendu minorer les « augmentations » de salaire de l’amélioration spontanée du rendement des collaborateurs et de leur motivation revigorée.

Mais au-delà des initiatives isolées, la question de la semaine allégée mérite une incursion dans la sphère politique, avec un débat moins caricatural que celui qui avait prévalu du temps de Pierre Larrouturou, chantre de la semaine des quatre jours. D’ailleurs, ce dernier évoque volontiers le cas de Mamie Nova, cette « entreprise industrielle tout à fait concurrentielle qui a mis en place la semaine des quatre jours il y a plus de 15 ans sans augmenter ses coûts de production d’un centime ». Pour ce qui est de la question du salaire, certains travailleurs sont même prêts à faire quelques concessions car comme l’explique Bernard Delvaux, patron de la Sonaca qui envisage de suivre l’exemple de JPMBB et Mamie Nova, « un travailleur qui passe à la semaine de quatre jours économise aussi en frais de déplacement et en frais de crèche… il aura peut-être plus de temps pour cultiver son jardin et réduire ses achats de fruits et légumes ».

Le cercle vertueux de la répartition du travail selon Larrouturou

Maintenant, la répartition du travail a un coût : elle implique une augmentation des dépenses de formation, des embauches compensatoires dans certains cas et une hausse des frais de licenciement. Faut-il conserver 100% du salaire pour 80% de temps de travail ? « On peut moduler selon les revenus », propose Bernard Delvaux. « Ma proposition prévoit un maintien de la rémunération pour les gens qui gagnent moins de 1 500 € par mois », renchérit Pierre Larrouturou. En reculant de quelques pas pour apprécier la Big Picture, on ne peut qu’être séduit par le paysage que brosse Larrouturou : « S’il y a une obligation d’embauche, il y a des gens qui sortent du chômage, des ménages qui retrouvent le moyen de consommer, des personnes qui paient des cotisations de retraite ou de soins de santé… cela réduit les dépenses de l’Etat tout en augmentant ses recettes ». CQFD !
 

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