Audrey Liberge

Audrey Liberge

Lecture de 5 min

LE 27 Fév 2019

Yellow angels corner

Slasher : à quel moment devient-on bullshitter ?

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Slasher : à quel moment devient-on bullshitter ?
Slasher : à quel moment devient-on bullshitter ?

Outre-Atlantique, on les appelle les « Jack of All Trades ». En Français, ça donnerait : touche-à-tout… mais bon à rien. Le scénario est typique : Paul prend le taureau par les cornes et lance sa nouvelle carrière de freelance après avoir fait dans le slashing pendant quelques années. Sous pression, soucieux de multiplier les contrats et d’étoffer son portefeuille clients, il accepte tout, littéralement. Pour Paul, pas besoin d’être expert. Il suffit d’être plus compétent que son client, même très légèrement, pour faire le job. A bien des égards, c’est une approche qui se défend, surtout en phase de démarrage et de croissance, mais le plafond de verre n’est jamais loin. A quel moment un freelance « latéral » passe-t-il du côté obscur ? Comment trouver la limite, si tant est qu’elle existe, entre la pluridisciplinarité et le joyeux barnum du bullshit ?
 

Slasher ou bullshiter ?

Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas spécialiste d’un domaine mais bon dans plusieurs que vous êtes bullshiter. Certains métiers sont d’ailleurs réputés pour être généralistes. En tant que responsable digital ou chef de projet par exemple, vous vous devez d’avoir de bonnes bases dans la gestion de projet, le webmarketing, la rédaction de contenu, le management, le community management, … Vous ne pouvez pas être responsable de la stratégie digitale globale si vous ne maitrisez que la partie webmarketing par exemple. Il vous faut donc maitriser les bases même si vous ne pouvez pas être spécialistes dans tout. Vous pouvez donc être slasher sans problème.

Si vous vous identifiez par contre comme développeur, traducteur, graphiste, chef de projet photographe et que vous n’avez que 25 ans. La par contre ça sent le bullshit. Pensez-vous vraiment maitriser tous ces métiers qui demandent pour la plupart de nombreuses années de formations académiques ou autodidacte ? Dans ce cas, il vaut mieux peut-être choisir un ou deux métiers et indiquer les autres comme des hobbies ou des bases de compétences, vous serez plus crédible.
 

L’intersection passion-talent-viabilité : le tue-bullshit par excellence

« Les freelances développent des super-niches, et les clients les récompensent bien ». C’est la conclusion à laquelle a abouti Forbes en épluchant la data du monde du freelancing entre 2015 et 2017. Les filières qui surperforment sont celles dont la dénomination compte un adjectif ou un complément du nom, avec une croissance de trois chiffres (jusqu’à +125%) sur un an :

  • Les SEO – rédacteurs – relecteurs (et pas seulement les SEO) ;
  • Les UX designer (et pas seulement les designers) ;
  • Les développeurs Java (et pas seulement les développeurs).

Manifestement, la spécialisation est le chemin le plus sûr pour créer plus de valeur, à condition d’assurer ses arrières pour prévenir l’éventuelle obsolescence (programmée ?) des techniques. On évoque longuement ce sujet dans notre article « Freelance : to specialise or not to specialise, that is the question ». Pour Abdullahi Muhammad, rédacteur freelance pour Forbes et CEO d’Oxygenmat, « le meilleur moment de choisir sa niche, c’est au tout début de sa carrière… si vous ne l’avez pas fait, le meilleur moment, c’est maintenant ». Le meilleur moyen de fuir le bullshit, c’est d’identifier, de se positionner puis de s’hyper-former dans l’intersection entre la passion, le talent et la viabilité économique :

  • Passion + talent = hobby ;
  • Passion + marché = fondement de l’échec ;
  • Talent + marché = ennui.

En théorie, ça se tient… mais pas si l’on observe la chose avec le prisme de la théorie de la rationalité économique. Si vous êtes béni par le syndrome de l’aimant à prospects, vous pourriez, un jour ou l’autre, vous mordre les doigts d’avoir refusé des contrats dans des domaines concomitants au vôtre. C’est ce que l’on appelle un manque à gagner. Pour y remédier, et plutôt que de tout faire avec parfois une qualité douteuse (par manque de temps ou de compétence, ou les deux), il y a d’autres solutions :

 

Les indicateurs du bullshitting… parce que certains signes ne trompent pas

Lorsqu’il s’agit d’un domaine aussi vaste que l’IT et l’univers du web en général, il est difficile d’aboutir à des conclusions définitives et absolues. Un indépendant peut très bien faire de sa pluridisciplinarité… sa spécialité ! Il mettra alors en exergue sa capacité à accompagner ses clients sur l’entièreté de la chaîne de valeur de la filière, son recul, son sens de l’anticipation, son expérience et sa compréhension profonde des enjeux. Tout est relatif… mais certains signes ne trompent pas. Voici quelques indicateurs qui abondent dans le sens du bullshit :

  • Vous êtes obligé de suivre des tutoriels avant de commencer vos missions ;
  • Vous avez un flux conséquent de retours client justifiés ;
  • Vous n’avez aucune idée sur le pricing et la durée estimée de vos missions ;
  • Vous n’avez jamais refusé de missions…

Alors… où placez-vous le curseur sur l’échelle du bullshitting ? Les missions qui vous ressemblent sont sur XXE !
 

Pour aller plus loin

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