Elodie Djegadisvarane

Elodie Djegadisvarane

Lecture de 5 min

LE 29 Août 2019

Yellow angels corner

Slasher, au-delà de la tendance

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Slasher, au-delà de la tendance
Slasher, au-delà de la tendance

29% des salariés français aimeraient devenir slasher, c’est-à-dire cumuler plusieurs activités à la fois. C’est ce qui ressort d’une étude d’OpinionWay réalisée pour Horoquartz. Quand il est volontaire, le « slashing » séduit : promesse de revenus supplémentaires, épanouissement personnel par l’exercice d’une passion rémunératrice… Le truc a tout pour plaire. Quand il est subi… C’est beaucoup moins drôle. Ça a même le potentiel de devenir aliénant. Où en est le slashing en 2019 ?

 

Slasher, schizo ou caméléon ?

 

Mener plusieurs vies à la fois, en médecine, ça s’appelle être schizophrène. Dans le monde du travail contemporain, ça s’appelle slasher. Il faut dire que les deux concepts sont quand même un peu différents. Le règne des travailleurs caméléons est on the verge. 39% des Français de moins de 30 ans souhaitent devenir slasher. Les 30 – 39 ans sont 30% et les 50 – 59 ans sont 22%. Tous schizos ? Permettez-nous d’en douter.

 

Ingénieur / passionné de cuisine, avocat / masseur, coiffeur / astronaute… Les combinaisons de métier peuvent se décliner à l’infini. Un gagne-pain / une passion. C’est la formule choisie par ces travailleurs d’un genre nouveau. Designer la semaine / ébéniste le week-end. Ou encore chargé de compte / sculpteur de pierre. Bonjour l’épanouissement !

 

On bosse pour manger, on slash pour vivre

 

Si on se permettait un peu de fast-psychology, on dirait que le slashing répond au besoin d’éprouver du plaisir au travail. La plupart du temps, ce n’est pas le cas. On est embourbé dans des « carrières » alimentaires pour payer les traites et le loyer. Alimentaire mon cher Watson, alimentaire ! Du coup, que faire ? Passer sa vie sur le canapé à consommer de la télé-poubelle après le boulot pour oublier combien on déteste son job, ou prendre le taureau par les cornes et slasher ?

 

Slasher est l’alternative ingénieuse concoctée par les générations Y et Z pour contourner l’ennui au travail et échapper à la routine qui tue. Et pour ne pas laisser tomber des jobs qui payent bien sous prétexte qu’on ne les aime pas. L’empire du milieu ? La Chi… euh le slashing. Le slashing n’est pas une tendance, c’est beaucoup plus que ça. C’est une réponse économique à un besoin social. Et tant que nos modes de travail n’évoluent pas vers un idéal « anarchiste », le slashing durera. Advienne que pourra, l’Homme aura toujours une passion, et s’il peut en vivre…

 

Les freelances ont inventé le slashing…

 

… Sans s’en rendre compte. Slasher est dans la nature de l’activité. Ou plutôt, freelance et slasher sont deux « conditions » qui ont le même point d’origine : le besoin d’assouvir une passion, de s’épanouir professionnellement et de sortir du moule préconstruit du salariat. Le statut de freelance séduit tellement que les salariés se mettent au slashing pour en avoir un petit avant-goût, et pour avoir un complément de revenus (occasionnellement !). Donc, le freelance autoentrepreneur a ceci de particulier qu’il peut se permettre de slasher à souhait, au gré de ses désirs.

 

L’avenir du travail ?

 

Travailler semble être une condition naturelle, ce qui l’est moins, c’est la forme de travail aliénant à souhait imposé par la révolution industrielle, et qui se poursuit. Moins « stalinien », plus dans le consentement, mais aliénant quand même. Alterner une activité salariée (pour payer les factures) et du slashing sera, tant que c’est choisi, la norme. Le revers de la médaille : une 2egrille de lecture critique l’ubérisation générale et ne voit dans le slashing qu’un énième signe de précarité du travailleur moyen, obligé de multiplier les activités pour joindre les deux bouts. En tout état de cause, tant qu’il y aura des travailleurs qui font le choix volontaire de slasher, on ne peut parler objectivement de travail forcé.

 

Parlons du marché du travail actuel. On vous dispensera du discours sur les mutations sociales, la dureté du marché du travail, la révolution digitale et l’évolution rapide des connaissances. Dans ce contexte, mieux vaut avoir plusieurs cordes à son arc, ne pas mettre tous ses œufs dans un même panier. Un peu de frissons : d’ici 2050, 42% des emplois qui existent aujourd’hui aux Etats-Unis seraient détruits. Dans 20 ans, 50% des emplois en France seraient automatisables !

 

Slasher : retour aux sources ?

 

La tradition de l’Homme touche-à-tout n’est pas nouvelle. A l’origine, c’était la norme. On était poète de vocation, forgeron de métier et bricoleur du dimanche à ses heures perdues. C’était nécessaire. On parle de quelques années avant les pages jaunes, aux alentours de l’antiquité à peu près. On oublie souvent que la spécialisation est un concept assez récent, et encore plus l’hyper-spécialisation induite par la segmentation progressive du travail. De notre point de vue, le slashing n’est rien de plus qu’un retour aux sources à la recherche de l’épanouissement perdu sur le chemin de l’établissement du modèle libéral. Le slashing est là pour rester !

 

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Pour aller plus loin :

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