Audrey Liberge

Audrey Liberge

Lecture de 5 min

LE 02 Nov 2017

Yellow angels corner

Le slashing, phénomène de mode ou réelle transformation de nos modes de travail ?

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Le slashing, phénomène de mode ou réelle transformation de nos modes de travail ?
Le slashing, phénomène de mode ou réelle transformation de nos modes de travail ?

Les slashers sont des professionnels pluriactifs. En France, ils représentent 16% de la population active, qui cumulent au moins deux emplois. Si le mot en lui-même fait le buzz, il s’agit bien d’une réalité de plus en plus palpable qui vient révolutionner nos modes de travail et demander plus de flexibilité aux entreprises. Pourquoi devenir slasher ? Comment exercer plusieurs activités tout en restant efficace ?

 

/slasher/ kesako ?

Ces personnes qui cumulent plusieurs activités en parallèle, parfois très éloignées les unes des autres seraient en France environ 4 millions*. Généralement, ils ont la trentaine ou moins mais le phénomène s’élargit continuellement. Chef de projet informatique la semaine et fromager le week-end, consultant le jour et DJ la nuit, salariée d’une association locale et serveuse. Comment vit-on « slasher » ?

On peut le devenir par obligation, comme exemple Adeline : « Après mes études, la galère de recherche d’emploi a commencé. J’ai décroché un mi-temps dans une association mais impossible de joindre les deux bouts. J’ai donc pris un autre mi-temps dans un restaurant (18 h par semaine) et mon premier travail est ensuite passé à 28 h soit un total 46 heures par semaine. Je n’avais que le dimanche pour me reposer ».

Mais en général le « vrai slasher » le devient par opportunité ou par envie. 70% des pluri-actifs ont en effet choisi ce mode d’activité professionnel. C’est le cas de Vincent, Chef de projet informatique qui, à l’aube de ses quarante ans a obtenu un 4/5ème pour s’associer fromager avec son meilleur ami. Il dit prendre chaque week-end sur les marchés un « vrai bol d’air frais » et fait ce qui lui plait. Stéphane, lui, troque son costume de consultant freelance pour être DJ electro le soir. « Cela fait 25 ans que je suis dans la musique et je ne la lâcherai pour rien au monde. Le plus dur n’est pas le temps ni la fatigue, mais de faire attention à ce qu’on dit aux uns ou aux autres. Avec les réseaux sociaux le mélange des genres peut, dans mon domaine, être vite mal interprété ».

80% des slashers cumulent plusieurs emplois salariés chez des employeurs différents, et quelques 500.000 exercent une activité en tant qu’indépendant, en plus d’un poste salarié. En effet, ce slashing est bien sûr en adéquation avec l’ADN du freelance.  En 2011, 15% des indépendants, soit près de 400.000 personnes, cumulaient de leur côté plusieurs activités.

 

Une situation facile à vivre ou contraignante ?

Lorsqu’il s’agit d’un choix, les slashers avouent trouver un réel épanouissement, une occasion de réaliser leurs rêves, un revenu complémentaire, un exutoire, une ouverture d’esprit et l’occasion de naviguer dans des mondes différents. L’autre côté du miroir ? Des semaines et horaires à rallonge, une possible fatigue physique et mentale, des contraintes ou répercutions sociales complexes. Des risques qui obligent à ne pas faire n’importe quoi.

D’après Marielle Barbe, auteur de « profession slasher », « Le 20ème siècle nous a enfermé dans des cases. Mais, imaginez qu’on ait demandé à Léonard de Vinci, de choisir entre l’architecture, la science ou la peinture ? Les slashers sont en général hyper-adaptables, ont une vision transversale des choses et une grande ouverture d’esprit. En revanche, ils ont parfois tendance à vite s’ennuyer et rejeter la routine ».

 

Elle nous livre également trois conseils pour être un « slasher épanoui »

  • Oser, c’est-à-dire assumer d’être qui on est. C’est un atout et pas une faiblesse.
  • Regarder ceux qui nous inspirent, et être fier de leur ressembler.
  • Trouver le fil conducteur de tous nos slashs, pour rester alignés avec soi-même et porter les mêmes valeurs peu importe notre activité

Chez XXE, on a nous-même plusieurs slashers dans l’équipe : Kilian, notre chef de projet digital mais aussi pro de la guitare et de la chanson, Bruno notre gentil CRM qui se transforme en bénévole sur son temps libre, ou Audrey, qui est la fois consultante digitale, blogueuse, digital manager pour des associations ou intervenante en école.

N’ayons donc plus peur de faire sauter les cases. Les slashers participent à une certaine forme de libération de notre société. Et permet également d’élargir notre champ de compétences, ce qui nous armera contre l’IA dans le futur !

 

 

* Salon des Microentreprises 2015

** « Profession slasher : cumuler les jobs, un métier d’avenir » – Marielle Barbe – Ed Marabout

http://www.lefigaro.fr/emploi/2016/08/31/09005-20160831ARTFIG00003-qui-sont-les-slashers-ces-francais-qui-cumulent-plusieurs-jobs.php

Audrey Liberge

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commentaires

  1. A la lecture de votre article, je crois que je suis une salshers car à tout nouveau boulot je m ennuie car peu d intérêt ou rien à faire ! Difficile d assumer ce choix de partir quand on a une famille et pourtant je le fais car ça semble être évident pour rester sois même . Actuellement depuis 5 mois en poste, pour quatre jours de travail je cherche à trouver des heures en plus

    1. Vous êtes définitivement une slasheuse ! Le mieux est de multiplier ses activités pour gagner en compétence et en expérience… et aussi tuer l’ennui 😉

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