Audrey Liberge

Audrey Liberge

Lecture de 5 min

LE 09 Jan 2018

Freelance style

Interview de Vincent Laurent : un freelance digital nomade rural au service du changement !

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Interview de Vincent Laurent : un freelance digital nomade rural au service du changement !
Interview de Vincent Laurent : un freelance digital nomade rural au service du changement !

Parmi les mots tendances de l’écosystème entrepreneurial, on entend beaucoup en ce moment l’expression « digital nomade ». C’est en effet un mode de vie qui définit de plus en plus de freelances : certains préfèrent travailler en télétravail, d’autres en espaces de coworking, mais plusieurs d’entre eux se connectent via de multiples tiers lieux : un jour dans un café, l’autre dans un fablab, une visio-conférence de la plage, une cession de formation à l’étranger, … Les digital nomades profitent des opportunités infinies d’Internet pour se connecter d’où ils le souhaitent et ainsi ne pas tomber dans la routine. Et pourquoi pas aller à la campagne ? Certains mouvements comme Mangrove organisent des retraites au vert pour profiter de la vue et du calme des grands espaces de nos régions, parfois les plus reculées.

De digital nomade, on passe donc à digital rural ? Quels avantages à travailler à la campagne ? Et si les territoires ruraux pouvaient eux aussi nous offrir des espaces d’innovation ?

Pour comprendre le phénomène et en découvrir tout son potentiel, on a rencontré Vincent Laurent, Social media manager freelance et digital rural !

 

Bonjour Vincent ! Quel est ton parcours ?

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A la fin de mes études en compta-gestion, je suis parti en Erasmus en Finlande. J’étais déjà très intéressé par les enjeux écologiques et de développement durable, et j’avais une appétence toute particulière pour les actions locales, les éco-quartiers, … En Finlande, j’ai vu que beaucoup de choses qui pouvaient être mises en place dans ce sens.

J’ai ensuite eu envie de m’engager mais pas seulement sur mon temps libre. Je voulais que mon travail soit aussi un engagement. J’ai profité de ma dernière année d’étude pour étudier le fonctionnement et la gestion des associations. .

J’y ai appris les bases de méthodologie, d’accompagnement, de gestion de projets. En 2009, j’ai ensuite été chargé de projet dans une association en éducation à l’environnement. Mais j’y ai passé une phase difficile en tant que salarié de 2011 à 2013, où j’ai fait l’expérience du bore out. Après cette expérience, j’ai dit adieu au salariat classique et je me suis officiellement lancé en freelance en 2014.

J’avais des compétences en gestion de projet, en community management et en RP, pourquoi pas les transformer en une activité professionnelle ?

 

Depuis, j’ai fait des missions auprès d’entrepreneurs sociaux, d’ONGs, d’agences, d’associations, de projets culturels… Depuis début 2017, je travaille et suis engagé avec le collectif Ouishare à travers le Lab Ouishare & Chronos où je m’occupe de la communication digitale et influence.

 

J’aime rester curieux pour continuer à m’enrichir d’environnements nouveaux. Je voyage beaucoup, j’aime partir  à la campagne pour travailler à distance. Et pour l’instant je suis toujours à Paris mais plus pour longtemps  car je compte m’installer à Toulouse début 2018 !

 

 

Pourquoi avoir choisi d’être freelance ?

L’élément déclencheur a été mon expérience de salarié classique puis la rencontre de plusieurs personnes qui ont fait le pas et qui m’ont convaincu qu’une autre manière de travailler était possible.

 

On est très libre dans son emploi du temps, on ne se fait pas malmener par un manager, on peut choisir ses missions et ses conditions de travail auprès de ses clients… Je vois beaucoup d’avantages à être freelance !

 

 

Tu as choisi comme statut celui de “salarié entrepreneur” via une coopérative d’activité et d’emploi. Peux-tu expliquer comment ça fonctionne  ?

Oui, je suis salarié entrepreneur dans une coopérative d’activité et d’emploi. Je ne voulais pas perdre les sécurités sociales, surtout que je milite souvent pour ne qu’elles soient conservées. Déjà convaincu des bienfaits du collaboratif et de l’économie sociale et solidaire, je voulais rester dans cette même veine de partage responsable.

 

J’ai donc choisi COOPANAME, un modèle hybride de coopérative très intéressant et engagé dans l’ESS.

 

Cela permet de garder une forme de confort que j’avais avant  en y signant un CDI. A comparer à un freelance en autoentrepreneur, nous sommes soulagés du côté financier et administratif. De plus, plusieurs actions sont mises en place pour faciliter la vie du freelance et pour qu’il se sente moins seul ! Cela t’apporte un réseau, des formations, et on peut même y développer des offres en commun avec d’autres coopérateurs.

 

Tu as un style de vie nomade et rural, peux-tu nous en dire plus ?

Je suis partie à la  campagne pendant l’été 2016, en Auvergne notamment, et cela a été une période riche en enseignements et en rencontres. Je suis parti dans une auberge du Cantal, plus précisément à Murat. J’ai été surpris d’y trouver un espace de coworking notamment! ! Il y a par exemple un  Forum du télétravail et du coworking qui a lieu  ainsi qu’un concours de startups. Certaines petites villes de province mettent beaucoup de choses en place pour faciliter l’entrepreneuriat et les actions locales en faveur des nouvelles formes de travail!

 

J’y suis ensuite retourné en 2017, mais j’ai testé aussi d’autre espaces de coworking un peu partout : en Lozère, l’Orne, l’Allier, les Alpes Maritimes, … J’ai pris goût à cette liberté, et bien sûr à ces paysages , si reposant et inspirant ! Ce côté nature/travail représente une évasion, une source de sérénité, mais aussi de créativité.

 

J’en profite pour partager mon expérience sur Twitter via le hashtag #Travailauvert ou sur mon Médium, pour montrer les bienfaits du travail rural et la liberté du freelance au quotidien.

 

Je souhaite ainsi continuer à me déplacer et intervenir sur ces sujets à l’extérieur de Paris, dans les régions et en territoire rural. Mon déménagement à Toulouse, c’est aussi une étape pour passer de la grande métropole à une région où il y a une plus grande proximité et facilité d’accès à la campagne. Mon objectif est de devenir un vrai communicant nomade ! Mais aussi d’accompagner la création de communauté de tiers lieux dans les milieux ruraux et de faire passer le mot qu’on gagne tous à être plus proche de la nature.

 

 

A ton avis à quoi ressemblera le futur du freelancing ?

Les professionnels, en partie, vont à terme quitter les métropoles pour aller dans des villes plus petites. Surtout à Paris, on voit qu’un mouvement de la ville à la campagne est en train de s’opérer. Il est temps pour nous de réinvestir les territoires et de contribuer à leur développement. De nouvelles formes de travail type coworking vont émerger partout en France et même dans les milieux ruraux.

 

En ce qui concerne le freelancing, je ne pense pas que tout le monde va devenir auto-entrepreneur, mais que le travail va évoluer vers des formes plus hybrides, vers une place moins importante du travail dans la vie des gens, vers un travail choisi plutôt que subi. On va assister à une forme hybride entre le travail indépendant et salarié. Les sociétés de portage et les coopératives ont une carte à jouer dans cette révolution et vont se développer pour un meilleur accompagnement !

 

Merci Vincent pour ton témoignage !

 

Alors qui gagnera le coeur des freelances entre la ville et la campagne ? A vous de choisir !

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